‹ Le règne de Marie-Thérèse dans les Pays-Bas autrichiensChapitre 40 sur 71 · STATISTIQUE, POPULATION, CADASTRE · texte numérisé non relu

STATISTIQUE, POPULATION, CADASTRE

Les dénombrements officiels les plus anciens connus de la population des Pays-Bas, avec indication des noms des personnes, ne remontent pas au-delà du XVIIP siècle, lorsque la science de la statistique fut introduite dans les états de l'Europe (1). Avant cette époque, le gouvernement des Pays-Bas ou les États des provinces se contentaient de faire relever, dans un but purement financier, le nombre des foyers, les noms des propriétaires et des contribuables, et parfois aussi des possesseurs de denrées alimentaires. Rarement et par exception, les administrations avaient songé à faire dresser des listes exactes des habitants du pays. L'introduction d'une mesure générale tendant à connaître le chiffre de la population est due au gouvernement de Marie- Thérèse.

Une ordonnance du Conseil de Luxembourg (5 août 1741) prescrivit aux magistrats, prévôts et officiers de déclarer le

(1) Le clergé faisait souvent des dénombrements partiels de la population des paroisses. Ces dénombrements remontent parfois au moyen âge.

nombre exact des habitants de leur ressort et d'en envoyer les listes au procureur général. Un autre dénombrement y eut lieu en 1766.

Par un placard du 27 décembre 1754, Marie-Thérèse ordonna, en Brabant, un dénombrement « de tous les habitants, hommes, femmes, filles, garçons ou enfants, avec mention de leur qualité, condition, office, métier, trafic ou négoce, et des domestiques. » Ces listes dressées par les soins des autorités locales devaient être remises au substitut procureur général du Conseil de Brabant. Nous n'en avons vu que des fragments très-incomplets , dont nous n'avons pu tirer aucun parti.

L'impératrice ordonna encore, par décret du 5 mai 1755, le dénombrement des terres franches du Tournaisis et du Hainaut adjoint. Enfin le prince Charles de Lorraine chargea les États du Tournaisis (24 décembre 1769) de faire le relevé de la population dans les endroits cédés par la France, en vertu de la Convention des limites.

Le recensement de la population de plusieurs villages de la châtellenie d'Audenarde fut fait en 1767 (1).

Nous avons parlé plus haut de celui de la population du duché de Luxembourg, de la province de Limbourg et des pays d'Outre-Meuse. Les commissions des charges publiques dans les duchés de Limbourg et de Luxembourg dressèrent un cadastre de ces provinces.

Afin de conserver la population qui, surtout dans le Luxembourg, commençait à s'expatrier, l'impératrice défendit à plusieurs reprises l'émigration sous des peines très-

(l) Le résultat de ce dénombrement est imprimé dans le t. V, p. 70 des Bulletins de la commission cottrale de statistique.

sévères (1). C'était une des provinces les moins peuplées et où le gouvernement voulait introduire la vie et le commerce. Dans ce but il autorisa le conseil de Luxembourg à donner aux communes la permission de céder aux étrangers qui voudraient s'y établir, ou aux indigènes privés d'habitation, des emplacements pour y construire des maisons, soit dans l'enceinte des villages, soit à proximité de ceux-ci (19 février 1772).

(1) Ordonn. du conseil de Luxembourg du 23 fév. 1794. Ordonn. de r impératrice du 12 mai 1764. Plac. de Brab., t. X, p. 315. 20 nov. 1765. Ibid. p. 321, etc. Une déclaration du 20 nov. 1766 statua que l'ordon • nance précitée du 20 nov. 1765 devait opérer seulement, par fonme de réciprocité, à l'égard des pays et étals où une pareille loi existait. Plac. de Brab. t. X, p. 325.

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