TRAITÉ D'AMIENS
aquitains des diocèses de Limoges, de Cahors, de Périgord et de Saintes (au delà de la Charente) le serment de ne pas aider leur duc, et même de le combattre, s'il violait les traités *. Edward I"" était en droit, de son côté, de faire valoir les clauses relatives au retour de la dot de Jeanne d'Angleterre; il n'y manqua pas. Ses lettres de procuration aux légistes qu'il déléguait pour prendre soin de ses intérêts à Paris les chargeaient toujours de poursuivre la restitution de l'Agenais et de ses annexes féodales, et, généralement, l'exécution des promesses échangées entre Louis IX et Henri III ^ Le 8 février 1278, il institua spécialement, n'ayant encore reçu aucune satisfaction, E. de Penecestre et A. Bek, archidiacre de Dorset, pour rappeler au roi de France le respect de la foi jurée '\ L'histoire de ces négociations est fort obscure, et l'on ne sait pas quels ressorts les envoyés anglais firent jouer à la cour de France, mais ils obtinrent qu'une entrevue aurait lieu entre les deux rois dans le courant de l'année 1279. Le 27 avril, Edward P"" annonça à ses sujets qu'il partait pour le continent. En mai, il se rencontra, à Amiens, avec Philippe le Hardi, et, le 23, fut conclu entre eux l'acte célèbre qui commenta et qui sanctionna la paix de 1258 *. Par le traité d'Amiens, Philippe céda l'Agenais à l'ayant droit de Jeanne d'Angleterre; il s'engagea à faire vérifier par enquête si le Quercy, qu'Alfonse avait possédé du chef de sa femme, provenait aussi de la dot de ladite Jeanne; il renonça enfin au serment qu'il avait réclamé des vassaux aquitains en 1275, parce que la majorité de ces vassaux s'était montrée peu disposée à le prêter ^
Il est donc établi, en résumé, que, soit du côté de l'Empire,
1. Rymer, p. 145, c. 1. Le vicomte de Ventadour prêta ce serment, qui devait être renouvelé tous les dix ans, à Londres, le 5 mai 1277 (Champ., I, 191). — Cf. Rymer, p. 151, c. 2.