Fit. Michel, op. cit., p
6. Les Castillans et les Aragonais menaçaient sans relâche les frontières de Navarre. Voy. Pièces justif., n» X.
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conjurés désappointés proposèrent encore aux habitants des bourgs de s'unir à eux pour chasser le gouverneur étranger; mais les bourgeois promirent, au contraire, de soutenir la cause française jusqu'à la mort. Dès lors, il y eut deux camps dans Pampelune : les barons enfermés dans la Navarrerie, qui tenaient leurs parlements dans l'église Sainte-Marie, et les Français, logés dans les bourgs, autour de l'ég-lise de Saint-Laurent. Plusieurs abbés essayèrent de réconcilier les adversaires, mais un homme de la Navarrerie fit jouer une machine à lancer des pierres contre la Cité et les hostilités commencèrent. Les récits d'Anclier attestent que les combattants y déployèrent un acharnement inouï (mai et juin 127G ').
Depuis que les affaires avaient pris cette tournure violente, E. de Beaumarchais avait expédié courrier sur courrier à Paris. Philippe III y répondit d'abord en instituant des commissaires enquêteurs, le prieur de Saint-Gilles et Gaston de Béarn. Ces personnages obtinrent à grand'peine de la Navarrerie une trêve de quinze jours, mais toute tentative de réconciliation échoua contre l'obstination des barons. Seul, don P. Sanchiz, chef des rebelles, parut ébranlé ^ et promit à Gaston de Béarn de passer du côté des bourgs ; mais il fut, pour cette cause, assassiné par ses compagnons, et les enquêteurs, effrayés, rapportèrent à la cour du roi ce qui se passait à Pampelune '\
Philippe résolut alors d'agir; il ordonna à Robert d'Artois et au connétable Imbert de Beaujeu de convoquer les contingents du Midi (sénéchaussées de Toulouse, Carcassonne, Périgord et Beaucaire) ; G. de Béarn et le comte de Foix * leur serviraient de guides et d'auxiliaires ; leur mission était de
1. Le poème d'Anelier est essentiellement un journal détaillé de ces hostilités, dressé par un témoin oculaire, du parti des bourgs.
2. G. de Béarn lui avait promis au nom du roi le remboursement de tous les frais qu'il avait faits pendant son administration. Fit. Michel, op. cit., p. 598.
3. AMiUEK. V. 407o-4180. Cf. riiislori(jue des excès commis par les barons de la Navarre depuis l'arrivée d'E. de IL jusqu'à 1280. Arrh. nrti., J, flI3, n» 12.
4. Voy. une lettre de IMi. 111 au comte de Foix. Ilid. gén. Lang.. X, pr. c. 139 (11 mai 1277). « Super co quod olfertis vos ad nostrum servicium faciendum in Navarram vel Ispaniam... vobis scripsimus ut in Nav. iretis pro nostro servitio si... conslabularius Francie... vos requireret super eo. » Il l'exhorte eu outre à ménager la concorde entre les rois d'Aragon et de Majorque.