‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 154 sur 447 · Ilist. f/én. Lang., X, 24. — Cf. Marca hitpnnica, c · texte numérisé non relu

Ilist. f/én. Lang., X, 24. — Cf. Marca hitpnnica, c

4. MuNTA.NEH, cliap. XXXVIII. « Le roi Charles (de Sicile) fit prier son neveu (Ph. III) de prendre des mesures telles, dans cette réunion, qu'il n'eût rien à craindre du roi d'Aragon... Mais le prince (de Salerne) ne reçut pas un bon accueil du roi en Peyre. »

<( De plus, il confirma sa bonne amitié avec le roi de Majorque ; cet arrangement et plusieurs autres bonnes conventions étant terminées, ils se séparèrent. Le roi de France s'en revint par Cahors et Figeac ; le roi en Peyre retourna en Catalogne ; quant au roi de Majorque et au prince de Salerne, ils partirent ensemble, et je les vis entrer à Perpignan, où ils passèrent huit jours au milieu des fêtes ', »

Quand Philippe III revint en France, l'horizon politique était bien changé.

Depuis cinq ans la papauté avait orienté toutes les âmes du côté de la croisade; on avait nourri l'espérance d'une paix chrétienne qui aurait été le signal de la guerre sainte. Or, l'entrevue de Mont-de-Marsan venait de démontrer que la paix avec la Castille était moins prochaine que jamais; l'entrevue de Toulouse, qu'en dépit des apparences amicales, TArugon était prêt à rompre à son tour avec les Capétiens de France à cause de leur clientèle angevine. En Peyre n'y avait rien cédé au sujet des infants de la Gerda; il y avait en revanche étalé sa haine contre le prince de Salerne.

Un nouveau pape occupait le siège de Pierre, qui, contrairement à la tradition des Grégoire X, des Jean XXI, des Nicolas III, paraissait modérément zélé pour l'expédition d'outre-mer et cour la paix ^ Martin IV, qui, sous le nom de Simon de Brie et de cardinal de Sainte-Cécile, avait été si longtemps légat en France, était aussi dévoué à Charles d'Anjou que Nicolas III lui avait été hostile; il lui devait son élection, enlevée, le 18 janvier 1281, comme par surprise. Né en France d'une famille qui comptait quelques-uns de ses membres dans les conseils du roi, il allait mettre de très bonne foi l'autorité pontificale au service de ses protecteurs. Dès lors, on ne parla plus de la croisade sarrasine que par acquit de conscience. Les querelles de Charles d'Anjou, confinées à l'origine en Sicile, en Provence, dans le royaume de

1. MuNTANER. — L'anonyme de Ripoll ajoute que le roi d'Aragon réclama, pendant l'entrevue le Fenouillède, Millau et Rodez, sur lesquels il avait des droits. Voy. Marca, 1. c.

2. Martin IV lança, il est vrai, un grand nombre de bulles pour exhorter les chrétiens à la délivrance des lieux saints, mais l'accent n'en est pas très sincère. Voy. notamment B. N., lut., 8'J02, n° 3ii.

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