‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 159 sur 447 · II. F., XXII · texte numérisé non relu

II. F., XXII

2. BOuMEH, Regesten Rudolfs, n" 037. — Cf. Heller, op. cit., p. 80.

Langlois. 9

graves, celle de Géraud V d'Armagnac et celle de la succession de Bigorre; comme elles ont été quelque temps à l'ordre du jour de la politique, nous les raconterons brièvement avant d'aborder l'iiistoire des grandes alTaires internationales qui ont marqué la lin du règ-ne.

On se souvient que Géraud V d'Armagnac ayant pris part, en 1272, à l'insurrection du comte de Foix, en avait été puni par une amende. Ce seigneur, ainsi que son frère, l'archevêque d'Auch, avait g^ardé depuis de la haine contre les Français, haine ravivée par de continuels différends avec le sénéchal de Toulouse; il rechercha naturellement la protection du duc d'Aquitaine. Telle est du moins l'opinion commune; mais le sénéchal d'Edward I", Jean de Grailli, ne la partag-eait pas ; il pensait au contraire que le comte d'Armagnac et l'archevêque, gagnés à la France, étaient d'accord, au fond, avec les officiers français qui feignaient de les persécuter, pour nuire à la juridiction du duc. Il y a donc deux interprétations possibles des événements qui pe passèrent dans l'Armagnac en 1282.

(( On m'a donné à entendre, écrivait à Edward I" son hdèle serviteur \ et je crois fermement qu'il a été convenu entre le roi de France et l'archevêque d'Auch, non sans la connivence de Mgr G. d'Armagnac, que ledit archevêque soumettrait son temporel à la cour de France, ce qui pourrait s'étendre au temporel de toutes les églises de la province d'Auch; l'archevêque vous réclamerait alors l'Armagnac et le Fézensac, qui appartiennent, suivant lui, à l'église d'Auch, avec l'approbation de ladite cour et la collusion du comte... Vous allez recevoir prochainement des messagers de Mgr Géraud, qui vous présenteront des requêtes; il ne leur déplairait peutêtre pas qu'on leur répondît durement, car celui-là cherche les occasions qui veut rompre avec un ami. » Jean de Grailli recommandait en terminant : 1° de répondre avec prudence aux messagers du comte; 2" d'écrire à rarchevêque et au comte qu'on était bien fâché des vexations (pie leur iidligeait le sénéclial de Toulouse, et qu'on leur conseillait de per-

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