LE CVS DE GÉRAUD D'ARMAGNAC
sister dans leur loyalisme; 3" d'agir auprès de la cour de Rome.
Le 10 mai, Jean de Grailli rédigea une nouvelle dépèche à Monltlanquin en Agenais '. « Sachez, sire, que le comte d'Armagnac a été enfermé au château de Toulouse; lui et l'archevêque ont été si tourmentés par le sénéchal qu'ils ont été obligés de lui livrer le château et la ville d'Auch, mais le procureur dudit G. a déclaré que ce que ledit G. possède en ces lieux, il le tient de vous en hommage lige. Je pense cependant, avec plusieurs autres, que les deux frères sont ainsi opprimés afin qu'ils soient à la lin forcés de se soumettre au roi de France d'une certaine manière dont vous avez déjà entendu parler *, et il ne semble pas qu'ils puissent supporter longtemps de telles vexations. » — Le g^ouverneur d'Ag-enais envoya aussi en Angleterre un homme charg-é d'expliquer au roi la cause véritable de l'arrestation du comte d'Armagnac ^
Yoici ce qui était arrivé : un certain Bernard d'Astarac avait construit dans les environs d'Auch la bastide de Pavie * que Philippe III avait prise sous sa garde, afin que les habitants de la bastide pussent inquiéter ceux d'Auch en toute sécurité. Un jour que G. d'Armagnac était à Toulouse, les gens de Pavie razzièrent les troupeaux des Auscitains; il s'ensuivit une bagarre qui laissa sur le terrain des morts et des blessés. Ajourné par le sénéchal à raison de ces faits, le comte éprouva un déni de justice; il en appela au Parlement; sur quoi le sénéchal l'arrêta et le conduisit à Paris. Cette version est celle de G. d'Armagnac lui-même, dans une lettre qu'il adressa à Edward I", le G octobre, du château de Péronne, où il avait été transféré ^ La version de dom Vaissete, d'après les archives d'Albi, est différente " : le comte aurait
\. liée. Off.. Roy. Lett., n" 2100 (C[ia:*ip.. I, :M2).
2. Loc. cit. : « Ut finaliter compellanlur se subicere per aliqiiem modiim excogilatum de quo alias audivistis fîeri mentionem. ■>
:{. Rec. Off., Roy. Letlers, n» 2140, Auger Mota à Edw. I" : « Coines Arineniaci per senescallum ïholosaniim captus detinetur et R. Marquesii vobis cxponet causam quare. »
4. Clrie Skimkiiks, Esscù sur les villes fondées dans le S.-O. de la Fr.. p. 201.
Fi. Champ., 1, 163, avec la date fausse de 1273. — Cf. la réponse d'Edward 1='. Pièces justifie., n" XXII.