‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 161 sur 447 · Ilist. f/én. Lauf/., IX, GO, à la date erronée de · texte numérisé non relu

Ilist. f/én. Lauf/., IX, GO, à la date erronée de

fortifié Aiicli, et, pour s'en saisir, Eiistache de Beaumarchais aurait dû lui livrer bataille. Les deux récits concordent, du reste, sur les points essentiels.

Edward P'' partagea-t-il la défiance que Jean de Grailli exprimait dans ses rapports secrets ', on ne saurait l'affirmer; toujours est-il qu'il ne secourut pas son vassal; il l'assura seulement de sa condoléance, l'autorisa à se servir du ministère de ses avocats à la cour de France, et intercéda pour lui auprès de ses amis de Paris. Les soupçons du sénéchal de Gascogne contribuèrent peut-être à lui faire observer une attitude aussi réservée.

En 1283, la succession d'Eschivat de Bigorre ouvrit une nouvelle ère de difficultés entre le duc d'Aquitaine et Gaston de Béarn, Même du vivant d'Eschivat, homme d'un caractère faible et versatile ^, il y avait eu des batailles entre Béarn et Bigorre ^; quand il fut mort sans postérité, Gaston, agissant en vertu des prétentions de sa fdle Constance, nièce du dernier comte, entra dans le Bigorre et reçut les hommages des gentilshommes, au préjudice des droits de Laure de Turenne, veuve d'Eschivat, et contre la défense formelle du sénéchal de Gascogne. L'infatigable Jean de Grailli se rendit aussitôt sur les lieux (Rameaux 1284), pour étouffer la révolte en son germe *; il prit possession du pays, malgré les protestations de G. de Béarn, qui refusa de lui faire jurer fidélité par les habitants pour la durée du séquestre ^ Cette promptitude empêcha probablement le comte d'en appeler, comme jadis, à la cour de France; Constance alla, quelques mois après,

1. Dans ses rapports secrets, car, officiellemeut, le sénéchal tenait un autre langage. — Cf. une lettre de recommandatiou pour G. d'Armagnac, liée. 0/f'., Roy. Letters, n" 1538.

2. J. de Grailli à Edw. 1"', Champ., I, 311. « Noveritis me collegisse apud Uzercham cum comité Bigorr. super negolio de quo scitis. Yereor non modicum, propter varietatem et iiiconslantiani coniitis supradicti... »

3. V. une commission d'Edw. I""" pour informer des dégâts faits par G. de B. et E. de B. sur les terres l'un de l'autre (juin 1279). B. E. C, XVIII, p. 320,

4. Voy. une leUre de l'évèque de Lectoure à Edw. \^^ sur ses opérations. Hec.Ovv. ,Exch.Qu('C'ii'sRemcmfj7\, Realm of France, 451/2, n» E,12." Oui(J.deG.) factum Bigorre viriliter, fîdeliter et prudeuter juxla mandatum vestrum et sine scandalo gentis terre ad lionorem vestrum cxpedivit. »

5. Voy. le rapport de Jean de Grailli. Lectoure, pendant la quinzaine de Pâques. Rec. OrF., ibid., 451/2, n" E, 11. — Cf. Procès-verbal de la prise de possession du comté de Bigorre, Arch. des Basses-Pj/rénees, E, 370.

SUCCESSION DE BIGOhRE iSii

implorer son pardon on Anglctorro '; enfin, le 10 septembre, G. de Béarn se soumit au payement de dommages-intérêts convenables par un acte passé à Paris, hors du Parlement, sous la garantie de G. d'Armagnac, d'Amanieu des Fossés et du sire de Navailles-. — On sait d'ailleurs que cet accord ne mit lîn qu'à un incident préparatoire, et que les procès nés de la succession de Bigorre se sont perpétués jusqu'au début du xiv^ siècle ■'.

En somme, pendant la troisième période du règne de Philippe III, comme pendant les deux premières, ce n'est ni vers l'Empire ni vers les domaines anglo-aquitains que se concentra l'attention du gouvernement de Philippe III. Les affaires de Provence, d'Armagnac et de Bigorre ne furent, pour ainsi dire, que des intermèdes; la véritable pièce, qui fut, cette fois, non plus une comédie diplomatique, mais une tragédie sanglante, se joua entre la France, l'Italie et l'Espagne.

Après la rupture des conférences de Mont-de-Marsan, la trêve entre la France et la Castille subsista plusieurs mois. Pendant cet intervalle, Edward P% jamais découragé, revint encore à la charge ; en juillet 1281, il proposa à AlfonseX une entrevue, pria Philippe III de le laisser « s'entremettre », et, pour faciliter ses opérations, de consentir à la prolongation de la trêve *. Le roi ne répondit qu'en décembre, annonçant que, sur les instances du pape, il était disposé à suspendre encore les hostilités; Martin IV devait s'occuper à son tour d'une pacification définitive. Les offres du roi d'x^ngloterre étaient donc de nouveau dédaignées ^

Aussi bien, don Sanclie de Castille n'avait pris la trêve que comme une préparation à la guerre. Le 27 mars 1281, il avait resserré son alliance avec le roi d'Aragon dans une conférence près d'Agreda, où les deux princes s'étaient entendus pour envahir et se partager la Navarre ^ Si les hostilités

1. Voy. son acte de soumission (29 juin 1284). Rymer, p. 233, c. L Sur l'afTaire de Bi^^orre, voy. d'Avezac, Hist. du Bigorre, II, 46.

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