‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 162 sur 447 · llvMEti, p. 197, c · texte numérisé non relu

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6. Zlrita, Anales de l' Aragon, î» 23'o. — M\M.K'S.\,Dereb.hispan.Ai\-.'S.X\\,c. 4.

n'éclatèrent pas de nouveau, c'est qu'une guerre civile inattendue, bien mieux que tout arbitrage, réduisit ce dangereux ennemi à la modération.

Alfonse X n'aimait point don Sanche ; il le craignait. Voyant que le peuple le délaissait, comme Saûl, pour suivre en toutes choses les volontés de ce nouveau David, vainqueur des Mores, il s'irrita. C'était don Sanche qui avait donné à la guerre contre la France un caractère implacable. Alfonse, abandonné à lui-même, aurait traité depuis longtemps; il avait toujours eu des sentiments tout paternels pour les enfants de don Fernando de la Cerda, ses petits-fils, dépouillés et persécutés par son héritier désigné. En 1282, puisant de la résolution dans l'inconscience de son extrême faiblesse, il prit donc le parti de déshériter son aîné ; sachant qu'il comblait ainsi les désirs de Philippe III, il lui expédia en secret l'évêque d'Oviedo, qui était Français d'origine, pour convenir avec lui des moyens propres à délis'rer les infants, toujours prisonniers en Aragon. Il avait annoncé officiellement que l'évêque d'Oviedo allait à la cour de Rome, mais don Sanche découvrit le mensonge. Fort de l'approbation des Cortès de Yalladolid, qui garantirent son droit de succession, ce prince menaça son père; celui-ci s'allia aussitôt au roi de Maroc; don Sanche s'adressa, de son côté, aux Mores de Grenade, et quand, le 8 novembre 1282, Alfonse X eut solennellement privé, à Séville, son fils rebelle de ses droits à la couronne, la Castillc se trouva déchirée entre deux partis.

Philippe III avait lieu de se féliciter de ces événements. Alfonse X, converti à la cause des infants, implorait maintenant ses secours; bien plus, il les faisait demander par son étrange auxiliaire, Yacoub, fils d'Abd-Alhakk, émir du Maroc, dont nous avons encore les lettres, adressées en langue arabe au roi de France K Alfonse implorait aussi Martin IV, le

1. Aux Arch. nat. — Cf. la traduction et le roiinnenlairc de ces documeuls par S. de Sacy, Mem. de l'Ac. des Inucrlpt. et liclles-Lcttres, IX, 484 (24 ocl. 1282). — L'émir dit que le forfait de don Sanche l'a décidé, bien (|u'il fûl en guerre avec Alfonse X, à soutenir ce prince persécuté; qu'il a pris des villes : •■ Mais nous avons évité d'entrer dans vos Ktats, qui sont limitrophes, dans l'intérêt des droits du susdit roi. Il nous a appris (jue vous avez recherché sa société et que vous avez le projet de l'aider contre une perlidie sans exemple. C'est un devoir pour un roi comme vous. »

ÉVÉNEMENTS DE GASTILLE i3o

papo français, (pii refusa, à la vérité, de lui envoyer un légat a latere ', mais qui s'employa auprès d'Edward I^^ 2^^ j^. p|jj lippe •' pour leur persuader d'aider un père contre ses fils coupables. Martin IV finit même par enjoindre au clergé de Castille de combattre l'usurpateur et par frapper d'interdit les partisans de don Sanclie ^ Pliilippe, intéressé à la })r(tlongalion du désordre et au triomphe d'Alfonsc X, permit alors aux garnisons de Navarre de ravager les frontières de Castille, jusqu'à Tolède, de concert avec les grands de ce royaume que la sentence du pape avait détachés de don Sanclie ^ Quanta Edwardl", il avait désigné, dès le début des hostilités, Gaston de Béarn, avec cent chevaliers, pour marcher au secours d'Alfonse X, son beau-frère ^ et il solda jusqu'à la fin les dépenses de cette compagnie ". — Grâce aux musulmans d'Afrique, aux contingents de Gascogne, aux garnisons de Navarre et à la bénédiction du pape, la guerre se perpétua donc au delà des Pyrénées, comme on le désirait en France. En vain y eut-il des tentatives et même des apparences de réconciliation ^. La mort d'Alfonse X, arrivée au mois de mai 1284, ne rendit même pas à don Sanche la liberté de ses mouvements. En effet, don Juan de Lara, avec une troupe de Navarrais, tenait la ville d'x'^lbarazin, d'où il désolait la Castille et l' Aragon; il fallut le combattre; les attaques de l'émir de Maroc empêchèrent aussi le nouveau roi de se mêler activement aux différends de la France et de l'Aragon en 1 284-85, On sait, d'ailleurs, que Philippe III lui députa alors une ambassade pour l'inviter à n'avoir rien de commun avec les Aragonais excommuniés. Don Sanche, quoiqu'il n'eût point conclu la paix avec Philippe, fut ainsi amené à assister en simple spectateur à l'invasion simultanée de la Navarre

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