ÉDUCATION DE PHILIPPE LE HARDI
nage * Lorris, le domaine deMontarg-is, et de vastes forêts dans l'Orléanais. Ce pays lui fut toujours cher, et son itinéraire atteste que la région de la Loire moyenne, où il fit bâtir des châteaux dès 1271 % resta un de ses séjours préférés.
Philippe reçut de son père, qui était à la fois un saint et un roi, et qui veillait avec sollicitude sur la jeunesse de ses enfants, une éducation sévère et virile. Saint Louis voulut qu'il entendît chaque jour la messe, les matines, les heures en plain-chant, qu'il assistât fréquemment aux sermons et qu'il « apprît les lettres ». « Après les actions de g-râces qui suivaient les repas, dit Geoffroi de Beaulieu, le roi retournait dans sa chambre avec ses enfants, et après que le prêtre avait aspergé le lit et la chambre d'eau bénite, les enfants s'asseyaient autour de lui, et il avait l'habitude de leur dire des choses édifiantes, pour leur instruction ^ » D'autres fois, selon Joinville '', « avant de se coucher en son lit, le roi Louis fesoit venir ses enfans et lour recordoit les faiz de bons rois et de bons empereurs et lour disoit que à tiex g-ens il dévoient penre exemple. Et lour recordoit aussi les faiz des mauvais riches hommes qui, par lour luxure et par lour rapines et par lour avarice, avoient perdus lour royaumes. — « Et ces choses, fesoit-il, vous ramentoif-je, pour ce que « vous vous en gardez, par quoy Diex ne se courousse à « vous. »
Saint Louis ne se contenta pas du reste d'inculquer la piété à son fils et de lui enseigner l'histoire en moralités; il lui donna un précepteur, nommé Simon. S'il n'a pas chargé, comme on l'a cru, le jurisconsulte Pierre de Fontaines de rédiger à son usag-e les véritables coutumes de France et de Yermandois, « pour le former à faire droit à ses sujets et à retenir sa terre selon les coutumes du pays ^ », il encou-
parmi des compagnons d'armes dn jeune prince les comtes d'Artois et de Dreux, Philippe Granche, Eudes Poiilechien, « ncpos legati ».