‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 19 sur 447 · Joinville. Éd. de Wailly, n · texte numérisé non relu

Joinville. Éd. de Wailly, n

5. Cette hypothèse de Klimrath, appuyée sur la rubrique d'un seul ms., est gratuite, car le livre de Pierre de Fontaines ne s'adresse pas à un prinee. Voy.

ragea du moins, de concert avec sa femme, Marguerite de Provence, le célèbre Vincent de Beauvais à écrire son livre De eruditione regiorinn piœrorwn^ destiné à l'instruction du prince Philippe '. Philippe puisa vraisemblablement le plus clair de ses connaissances dans des anthologies de textes sacrés et profanes. Les manuels de Vincent de Beauvais lui firent voir l'antiquité à travers des fragments de Sedulius et de Juvencus, la Bible à travers les poésies scolastiques de Pierre de Riga. Une paraît pas d'ailleurs qu'il en ait tiré grand profit, car le moine de Saint-Denis dit qu'il n'était pas lettré ^; assurément il savait lire, quoiqu'on ait insinué le contraire % mais il eut toujours l'esprit peu ouvert aux subtilités de la pensée. C'était un enfant docile, sans flamme et sans curiosité ; ce qu'il goûtait le mieux, c'était l'enseignement familier de son père*, que saint Louis a résumé lui-même avec une éloquence si simple dans le testament politique qu'il légua à son successeur.

Une éducation religieuse et dure fortifia encore les tendances naturelles du jeune prince à la soumission. Le vendredi, Philippe avait coutume de ne pas porter de chapels de roses, en souvenir de la Passion ^; Louis IX le voulait ainsi. Il accompagna de bonne heure son père pendant ses pèlerinages et participa à ses dévotions ^\ il s'habitua de la sorte à lui obéir et à l'imiter en tout, et on sait par les mémoires de Joinville qu'il professait pour lui une vénération presque craintive ^ Mais, par une pareille discipline, tout ressort d'énergie individuelle, fut si bien brisé en lui qu'il fut destiné à subir désormais sans résistance toutes les influences

Bedgnot, Coutumes du Reauvaisis, I, p. x, et Marnikh, le Conseil de P. de Fontaines, in-S", 1846, préface. — Cf. M. Ad. Takdif, à son cours.

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