‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 20 sur 447 · H. F., XX · texte numérisé non relu

H. F., XX

6. Lenain de Tu.lemo.nt, Hist. de saint Louis, IV, 2H, 221, 232.

7. Joinville, n" 37. « Messires li roys appela monseigneur Pli., son fil, et le roi Tybaut, et s'asit à l'uys de son oratour et mist la main en terre et dist : « Seez vous ci bien près de moy, pour ce que on ne nous oie. — Ha! sire, firent-il, nous ne oserions asseoir si près de vous. »

extérieures. Vers 1263, sa mère, femme ambitieuse et altière, lui fit jurer en secret de rester sous sa tutelle jusqu'à l'âge de trente ans*, s'il devenait roi, et Urbain IV, par une bulle spéciale ^ dut le relever de cette imprudente promesse sur les instances de Louis IX.

Si Philippe III n'eut qu'une intelligence peu cultivée et une volonté faible, il acquit en revanche à l'école où il fut élevé une foule de qualités recommandables. D'abord, il était très pieux : « il vêtoit, dit G. de Nangis », la haire et le haubert par dessus, pour ce qu'il put mieux sa chair estreindre et châtier, par quoi l'on pouvoit dire qu'il menoit mieux vie de moine que de chevalier ». Ce n'est point là un de ces traits communs que la naïveté des chroniqueurs monastiques attribue à presque tous les princes du moyen âge, car Philippe était vraiment d'une dévotion rare : il jeûnait, il domptait ses sens par l'abstinence *. En fait de livres, il n'entendait guère que des oraisons, et c'est à sa requête que l'un de ses confesseurs, frère Lorent, de l'ordre des Frères Prêcheurs, « compila et parfit » cette édifiante « Somme des Vertus et des Vices », sorte de bréviaire qui, à partir de 1279, devint très populaire dans toute l'Europe ^. Tels livres, tel homme ; ce fut là , à ce qu'il paraît , toute sa littérature.

Malheureusement, la piété qui avait parfumé l'âme de saint Louis de toutes les vertus évangéliques tourna, chez son fils, sinon à la crédulité superstitieuse, du moins à l'observance étroite des rites. Philippe le Hardi n'eut pas foi aux consultations des voyants et des devineresses, comme on le lui a reproché ^ ; mais sa religion ne lui inspira pas de grandes actions, tant il est vrai que la vertu, sublime chez un homme supérieur, semble dégénérée chez un homme médiocre. — De même, Philippe III était large et aumônier, comme

1. BouTARic, Marguerite de Provence. Revue des quest. historiques, III, 420.

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