LE MARIAGE CHAMPENOIS
grand'cliose au Trésor '. Quant au comté de Champagne, il fut administré, jusqu'à la majorité de l'héritière de Champagne et de Navarre, par le second époux de sa mère, Edmond d'Angleterre , dont la tutelle prit fin quand la princesse eut onze ans accomplis *. Par le traité du 17 mai 4284 ^ Edmond et sa femme consentirent ù Témancipalion de Jeanne moyennant le payement de 60 000 livres tournois et la confirmation d'un douaire composé de cinq châtellenies; grâce à ce traité, le fils aîné du roi, dès qu'il eut consommé son mariage, put s'intituler dans les actes : « Ph., régis Francorum primogenitus, Dei gracia rex Navarre, Carnpanie et Brye cornes palatinus. » En réalité, il était devenu comte et roi par la grâce de Dieu et par la prévoyance do son père.
Ainsi, la féodalité fut découronnée deux fois par l'extinction, au profit de la race capétienne, des grandes dynasties de Toulouse et de Champagne ; mais ces résultats imposants surpassent à peine ceux que la royauté obtint, au point de vue de l'agrandissement du territoire royal, par la voie obscure des acquisitions parcellaires. Dos achats firent entrer alors dans le domaine privé de la couronne ou sous sa suzeraineté directe toutes les seigneuries à vendre.
Au mois de février 1281, le roi acheta à Arnoux III, brillant chevalier que ses prodigalités avaient réduit à la misère, son comté de Guines pour 3000 livres parisis comptant, une pension viagère de 1000 livres tournois et le payement de toutes ses dettes, qui étaient « immenses » '\ Le 3 avril 1283,
1. Voy. d'Ap.bois de Jubain ville, Hist. des comtes de Champagne, IV, 445. — Cf. Arch. Naf., J, 199, n» 33 ; J, 613, n» 20, et JJ, XXXIV, f- 35. Ph. le Bel et Jeanne, sa femme, s'enga^^ent à payer au roi le solde des dépenses faites ponr la conservation de la Navarre (mars 1285).