PHILIPPE LE HARDI A LYON
au roi de réprimer les abus de cet officier '. « Le bailli royal de Màcon entretenait contre l'ancien usage, sur les terres de l'église de Lyon, des agents qui saisissaient les biens des hommes de cette église , qui forçaient même les clercs à comparaître au tribunal du bailliage. » Le Parlement, en 1280, fit bien droit aux réclamations de l'archevêque en lui restituant la garde de quatre châteaux que le bailli de Màcon lui avait soustraite -; mais ce ne fut là qu'une satisfaction partiell^ car, en 1283, la cour du roi ordonna la démolition d'un château dans le Lyonnais pour « crimes du seigneur et négligence de l'archevêque ^ ». Un mémoire du 30 octobre 1284 montre qu'à cette date le bailli de Mâcon n'avait modifié en rien ses allures agressives * ; c'est un procès-verbal de l'entrevue que le prévôt royal eut ce jour-là avec deux délégués du chapitre qui se plaignaient que des officiers dudit chapitre eussent été emprisonnés pour avoir exercé, comme autrefois, la juridiction séculière : « Le prévôt répondit qu'il avait défendu de la part du roi de France qu'aucun homme de l'archidiacre se promenât dans Lyon armé, en arroi de bedeau; qu'il avait pris ceux qui n'avaient pas tenu compte de cet ordre; qu'il ne les rendrait pas avant qu'ils eussent amendé leur désobéissance; bien plus, qu'il en prendrait d'autres, et peut-être, ajouta-t-il, avec moins de façons que la première fois. Puis, il dit aux délégués du chapitre qu'il les ajournait à Mâcon, aux assises, et que là il leur ferait justice. » — Les conseillers de Philippe le Bel qui recherchaient, vingt ans après, des précédents pour légitimer la réunion officielle de Lyon à la France, n'étaient-ils pas fondés à dire, en rappelant tous ces faits, que Philippe III avait acquis sur Lyon, avec le droit de garde, le domaine éminent {jure garde et superioritatis) ^ ?
1. BoNNAssiEux, la Réunion de Lyon à la France, p. 45, note 1.
2. L. Delisle, Essai de restitution, n" 401. — Imprimé par Bonnassieux, op. cit., p. 52, note 3.