‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 228 sur 447 · AUTRES ATTEINTES A LA PAIX · texte numérisé non relu

AUTRES ATTEINTES A LA PAIX

roi de la vicomte de Narboime avait inspiré une crainte salutaire aux seiiiiieurs du Languedoc; trop de rigueur, au contraire, aurait réveillé peut-être le feu mal éteint des rancunes albigeoises ; en outre, une guerre avec l'Aragon était menaçante. Les conseillers de Philippe III renoncèrent donc à sévir; un mandement du 11 septembre 1284 réintégra le vicomte dans ses domaines; les revenus touchés depuis sa captivité lui furent rendus, déduction faite des frais de g-arde et de 2185 livres qu'il avait dépensées pendant sa captivité au Cbàtelet de Paris '. Cette générosité trouva sa récompense, car Aimeri de Narbonne, en occupant les passes des Pyrénées, sauva l'armée de la croisade en 1285, et permit au roi de mourir sur la terre française -.

En somme, les révoltes de Foix, d'Armagnac et de Narbonne ne furent que des incidents isolés; de 1270 à 1285, on ne vit rien de semblable aux grandes coalitions féodales qui marquèrent la minorité de saint Louis et la vieillesse de Philippe le Bel, Roger Bernard, Géraud V et Aimeri furent animés moins par l'orgueil du seigneur, impatient du joug monarchique, que par le vague désir do livrer un dernier combat pour l'indépendance du Midi; et leur facile défaite, suivie d'un pardon habile, prouve assez qu'ils soutenaient une cause condamnée.

Si les rébellions à main armée étaient des atteintes à la paix sociale qu'aucun roi, assez fort pour les châtier, ne pouvait laisser impunies , il y avait au xni'' siècle d'autres atteintes à la paix qui étaient les conséquences normales des habitudes et de la constitution féodales. Celles-là, l'Église les réprouvait depuis longtemps ; mais seul parmi les princes, Louis IX avait essayé de les proscrire, parce qu'il avait eu de la paix une conception très haute et tout à fait ecclésiastique. Tournois, duels judiciaires, guerres privées, ces abus consa-

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