‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 229 sur 447 · Mand., u · texte numérisé non relu

Mand., u

2. Voy. livre II, chap. iv. — Cf. B. N., Coll. Dont, L, f» .427, v». [Narbonne, 21 septembre 1285]. Procès-verbal de la coQiparution des consuls de Narbonne par-devant le vicomte Aimeri, lieutenant du sénéchal de Carcassonne et de Béziers. o Dominus Aymericus dixit cisdem... quod ipsi, sicut asserunt et j.roponunt. se pre[iarent et perliciant de die in dicm sine mora, talitcr quod sit boaor et adjutorium dicti domini régis Francie et suorum. »

crés de la féodalité, si profondément entrés dans les mœurs^ saint Louis les avait prohibés. Toutefois ses mesures restrictives n'avaient pas eu, même do son vivant, une grande efficacité. Il importe de savoir si elles tombèrent ou non en désuétude après sa mort.

Philippe III avait assurément de bonnes raisons pour bannir le jeu sanglant des tournois; les tournois exerçaient la brutalité de la noblesse; l'Église les condamnait parce qu'on y trouvait toutes sortes d'occasions de pécher * ; sans compter que la force militaire du royaume, en hommes et en chevaux % s'y dépensait en pure perte. Mais Philippe aimait personnellement ces luttes courtoises ; Nangis le dépeint, dans un tournoi, exhortant les chevaliers à bien faire, parcourant la lice , distribuant des chevaux aux tenants désarçonnés , invitant tout le monde à se battre ^

Li rois Philippes, à un jour...

Vint à Compiègne ou à Creel Maint ctievalier blanc et vermeil Faire assés d'armes devant lui *.

Ces goûts étaient partagés par les principaux personnages de sa cour. Charles d'Anjou ^ le roi d'Angleterre, le duc de Brabant brillaient dans les fêtes féodales; les jongleurs accablaient de railleries ceux qui craignaient d'y paraître. Les tournois fournissaient, d'ailleurs, aux marchands et aux petites gens les moyens de s'enrichir ^; l'ordonnance prohibitive de saint Louis avait excité parmi eux un méconten-

1. Voy. le jugement d'H, de Romans (m. 1277) sur les tournois, cité par Lecoy de la Mauche, la Chaire française au moyen âge, p. 364. « Piacere volunt mnlieribus impudicis... et etiam quidam earum insignia quasi pro vexillo portare consueverunt. »

2. Sous Philippe IV, les tournois furent interdits « pour la grant mortalité de chevaux ». — Cf. les promesses du comte d'Artois de payer à plusieurs combaltauts le prix des chevaux qu'ils avoienl perdus dans les tournois. Arch. du Pas-de-Calais. A, 22, n"» 2, .'J et suivants.

Page 1