INTERDICTION DES TOURNOIS
tement extrême *, et l'auteur du Roman de Ham insiste avec force sur ces considérations économiques. « Les tournois, <lit-il, font aller le commerce. Dieu fasse que le roi apprenne combien son royaume perd, depuis qu'on est obligé d'aller «, tournoier » sur les terres d'Empire :
Rois dp France, il vous vorroit mix Que artésien et esterlin Et couloignois d'outre le Rin Fuissent en France despendu Que cou qu'il i sont desfendu -. »
Enfin, les dames, les seigneurs et les poètes ^ trouvaient dans les combats clievalesques un passe-temps galant et héroïque; les interdire , c'était s'attirer leur colère. Philippe hésita. Il hésita entre les enseignements de saint Louis, fortifiés par les conseils de l'Eglise, et ses penchants naturels, qui étaient ceux de ses entours. Il prit au sujet des tournois les décisions les plus contradictoires, parce que la contradiction, en cette matière, était au fond de sa pensée.
D'abord, il les défendit résolument, en 1278, pour faciliter les préparatifs de la croisade qu'il projetait :
Fix fu le bon roi Looy
Icil rois dont je vous recort;
Ou fust à droit ou l'ust à tort
Il desfendi le tournoiier
Dont moût de gens dut anoiier....
Et li héraut et li lormier
Li marissal et li sellier
Neis cil qui oevrent en gisant
Vont souvent le roi maudissant
Par qui tournoi sont deffendu ''.
Une bulle de Nicolas III ^ spécifie que cette défense fut prorogée avec l'assentiment des barons et des grands du royaume