‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 239 sur 447 · DES ANOBLISSEMENTS · texte numérisé non relu

DES ANOBLISSEMENTS

dinatio super moventibus et facientibus guerram ». Philippe le Bel le lit Irauscrire de nouveau, le 9 mai 1302, et l'envoya aux sénéchaux du Midi '.

Dans ses rapports ordinaires avec la féodalité, Philippe montra la même modération, le même goût pour les améliorations empiriques, le même dédain des solutions radicales, qu'à propos des institutions pour la paix. Tous les historiens modernes lui attribuent cependant l'invention des anoblissements; il aurait comblé pour la première fois le fossé qui séparait la gentillesse de la roture en anoblissant Raoul l'Orfèvre.

A la fin du xni" siècle, il était difficile que la hiérarchie féodale demeurât rigide ; l'élite de la haute bourgeoisie tendait à s'introduire dans la noblesse, notamment cette bourgeoisie administrative qui entourait la royauté. Rutebeuf, en 1274, parle avec mépris des « chevaliers de plaids et d'accises » qui se multipliaient alors -; tous les trouvères gémissaient de cette décadence :

Vilain devienent clievalier Et chevalier devienent tel C'a pou qu'il ne soient ménestrel s.

La confusion des castes semblait si imminente que, sous Philippe le Hardi, le Parlement dut défendre au comte de Flandre et au comte de Nevers, sous peine d'amende, de conférer la chevalerie à des vilains *; en 1280, il connut du cas de Thomas de Lyencourt, chevalier de noblesse douteuse ^ L'anoblissement d'un bourgeois par le roi n'aurait donc pas été, en un pareil moment, un acte d'une importance extrême; et la preuve, c'est que l'anoblissement de Gilles de Conce-

1. Cette copie porte à tort, dans le recueil de Laurière, le titre d' « Ordonnance touchant les guerres privées ». Ord., I, 344. Le mandement de Philippe 111 est publié en note par Laurière, d'après le registre Noster de la Chambre des Comptes, mais la Table du recueil (p. 3U) se trompe en l'intitulant : « Mandement qui défend les guerres privées ».

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