Voy. L. DE TiLLEMONT, Hjst. de S. Louis, V
6. Voy. le Mémoire présenté au roi aa sujet de sa candidature à l'Empire {Doc. inéd.. Mélanges, I, 652) : « Vers est que aucune gens et grans genz ont aucune fois parlé au roi de panre cest Anpire, mes il ne li monstroienl pas ices grans biens et ices grauds profieies qui en porroient venir à l'esaucciuent de la foi crestieune;... plus li louoient par les richeces et par les honors terriennes, et por ce li rois en prisoil petit la parole. » — Cf. les .Mémoires
chez lui coordonnés ni fondus en système. D'ailleurs, saint Louis avait gouverné avec une grande énergie et Philippe le Hardi était un caractère faible; c'est là la seconde raison de son infériorité irrémédiable. Au lieu de tenir le gouvernail et de remonter le courant, il a laissé la royauté aller à la dérive ; il a laissé la direction du navire à l'équipage, parce qu'il ne savait pas de quel côté il voulait faire voile. Voilà pourquoi ce prince honnête qui porte un surnom d'aventureux, ce roi chevalier qui a préparé l'avènement des hommes qu'on appelle les légistes, n'est guère responsable de ce qui s'est accompli sous son règne. Personnellement, en fait d'idées politiques, il n'eut qu'une tendance à imiter son père, et, partagé entre les influences contradictoires de son entourage, il n'aurait jamais pu, par sa seule volonté, communiquer cette tendance à la société de son temps.
Cependant Philippe III fut universellement pleuré quand il mourut à quarante ans, à l'âge de la maturité. On pensa qu'instruit par l'expérience, il était arrivé au moment où il allait développer son individualité ^ « Il trépassa, dit l'Anonyme du ms. 2815, par la volonté Jésus-Christ; dont ce fut dommage qu'il trépassa, sitôt en cel point qu'il commençoit à être merveilleusement preud'home de son âge et plein de bonnes mœurs '. » Il est difficile de croire, malgré cela, qu'il soit mort trop tôt pour sa gloire; car ses imperfections étaient de celles qui ne se corrigent pas avec l'âge. — Non seulement Philippe fut regretté par les hommes qui l'avaient connu, mais les traditions du xiv" siècle « joignirent, suivant l'expression de Lenain, son temps avec celui de saint Louis comme le modèle d'un gouvernement légitime ^ ;/. En effet, son administration, qu'il en ait assumé ou non la conduite efl"ective, sans avoir fait de grandes choses, s'est du moins acquis le mérite de la modération et de la sagesse; son règne
présentés prir P. Dubois ù Pliilippe le Bel fur le uiènie sujet; le ton en est bien ditlerent.
1. II. F., XXH, 8. u Ciijus mors multis displicuit, nam multi, quia multa, quainvis juvcnis esset, viderat, de sua prudeutia conlidebant. »