H. F., XXI
3. L'art. '.52 de l'ordonnance du 17 mai 1315 est décisif pour le prouver. Ord., I, ÎJG'J. <i Antiquam consuctudinem volumus observari, scilicet prout tempore beati Ludovici et ejus filii extitit ordiualum. »
PHILIPPE LE HARDI ET PHILIPPE LE BEL \i
u'a pas élé éclatant, mais il a été bienfaisant. Alors la royauté a continué sa marche progressive vers l'unité territoriale et la centralisation politique ; elle n'a point compromis son œuvre en voulant prématurément en venir à bout; enfin, elle a préparé la France, par quinze ans de tranquillité, à supporter les trente années de la domination violente de Philippe le Bel, lequel accéléra l'évolution commencée depuis trois générations de rois au point d'amener après sa mort une réaction terrible et durable.
En 128o, Philippe III ' céda donc le trône à un prince qui a laissé dans l'histoire une tout autre réputation que la sienne. — Et pourtant, comme l'ont fait remarquer, sans s'y arrêter, de fort bons esprits % les écrivains do son temps n'ont guère envisagé Philippe IV que comme un autre Philippe III, aussi crédule et plus mal conseillé. Dans les chroniques, tous deux sont beaux, vigoureux, habiles au métier des armes sans être batailleurs, sobres, chastes et très dévots. Tous deux se déchargent volontiers du souci des affaires sur des personnages de confiance : pour l'un, c'est Mathieu de Vendôme ou Pierre de la Broce ; pour l'autre, c'est Nogaret ou Marigny. Tous deux, du reste, seuls parmi les rois de France, ont le même profil perdu et mystérieux, pareil à l'effigie mi-effacée des médailles dont le relief a disparu \ Cependant, l'œuvre accomplie sous le règne de Philippe le Bel a été si grande qu'on hésite à accuser de médiocrité le prince qui eut l'honneur d'y présider, tandis qu'on ne pense point à contester l'insuffisance de Philippe III. Mais cela n'est pas juste, car on ne saurait appuyer cette distinction d'aucun texte ; on ne peut l'établir que sur la base fragile des vraisemblances et des raisons de sentiment ^ La seule différence qu'il soit
1. Philippe III est souvent appelé Philippe IV dans les textes du moyen âge, à cause de Ph., fils aîné de Louis le Gros, jadis associé à la couronne. Voy. Guillaume l'Écossais (H. F., XXI, 202), l'inscription d'un ancien reliquaire de Chartres [Cartul. de N.-D. de Chartres, I, 136) et plusieurs généalogies des rois de France (ex B. N., lat., 44663, f» 19 v»).