PHILIPPE III ET LES GRANDS VASSAUX
après cotte conversation avec Malliiou de Vendôme, Jean de Grailli reçut de Londres l'ordre de tenir bon; néanmoins, il céda, et il envoya aussitôt (1" août 1282) une circulaire en Agenais * pour notilier la réforme du formulaire -, qui cette fois fut observée '.
Cet incident, choisi entre beaucoup d'autres, démontre que l'autorité de Philippe III était présente en Aquitaine; les gens du duc obéissaient à contre-cœur aux ordres du roi de France, mais ils obéissaient ; les établissements généraux du Parlement étaient aussi bien respectés dans le duché qu'ailleurs *. Edward r'"" s'attacha même à satisfaire jusqu'aux désirs de son suzerain. Philippe l'ayant prié d'empêcher le comte de Béarn de marier sa fille Constance à don Sanclie de Castille parce qu'il ne voulait pas que ledit Sanche acquit des fiefs dans le royaume, Edward ordonna aussitôt à son sénéchal de Gascogne de veiller à ce que ce vœu fût exaucé, bien qu'en droit strict il ne fût pas obligé d'y accéder ^ Enfin il se soumit plusieurs fois à l'arbitrage gracieux du roi de France pour le règlement de ses querelles avec ses hommes ^
Bien que la puissance d'Edward P' fût autrement imposante que celle de Gui de Dampierre ou de Robert de Bourg-ogne, sa patience ne fut donc guère moindre ; en Aquitaine, comme en Flandre et en Bourgogne, les droits du souverain féodal, quoique plus vivement menacés, n'ont pas été compromis davantage, et la paix a été maintenue partout, sans avoir été achetée nulle part par des faiblesses coupables.
Cela s'explique : le gouvernement de Philippe III, soit qu'il eût affaire à l'ensemble abstrait de la féodalité, soit qu'il eût à imposer ses décisions aux grands vassaux, avait coutume d'user de modération. Toute l'originalité du règne est précisément dans cette mesure, également éloignée de