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ABUS DU BAS CLERGÉ

plication des abbayes de garde royale correspond, dans l'histoire des progrès du pouvoir monarchique, à la mukiplicalion des bourgeoisies royales qui seront définies plus loin *. Les relations politiques de la royauté avec l'Eglise ne se sont pas bornées, de 1270 à 1285, à la direction par le prince des élections canoniques. La condition du bas clergé était, en <'lTet, un danger pour l'ordre social; elle exigeait alors une surveillance rigoureuse de la part de l'autorité séculière. On sait que, à la fin du xui" siècle, le pouvoir laïque fut obligé de rétablir, par des règlements et par la force, la dignité de la vie cléricale. Les villes et les campagnes étaient peuplées de gens mariés qui se livraient au commerce et même à des commerces déshonnêtes, qui se disaient clercs, bien que du clerc ils n'eussent guère que la tonsure ^ Leurs mœurs étaient brutales et violentes; les documents judiciaires représentent sans cesse des clercs débauchés, homicides, convaincus de toutes les turpitudes. Les conciles, qui ont prohibé leurs excès, en attestent l'énormité. Ce n'est pas seulement le luxe des vêtements, les fourrures de vair, de gris ou d'écureuil, les ceintures, les bourses de soie, les couteaux, qu'on est obligé d'interdire aux séculiers et aux réguliers ^ ; le livre synodal de l'église de Nîmes défend l'ivresse, les dés, les repas de corps qui finissent par des injures et des batailles *, les corrections manuelles que certains curés infligeaient à leurs paroissiens »; il défend que les clercs, pour faire plaisir à quelques confrères ou même à des laïques, envahissent les

plaidaient au Parlement contre les suzerains féodaux pour faire reconnaître qu'elles étaient placées sous la garde du roi. V. notamment l'abbaye de Sainte- Colombe de Sens contre le comte de Champagne. L. Deusle, Essai de restitution, no 380.

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