‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 278 sur 447 · POLITIQUE DE PHILIPPE III VIS-A-VIS DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

POLITIQUE DE PHILIPPE III VIS-A-VIS DE L'ÉGLISE

lement de la Pentecôte. Ils n'y manquèrent pas, et il n'est guère de fonds d'archives ecclésiastiques qui ne renferme au moins une charte d'amortissement concédée par Philippe III, moyennant finance, ^^ juxta ténor em ordinationis nostre » ^ Il y eut peu de résistances '. De son côté, le roi n'accorda que très rarement des immunités dérogatoires aux dispositions de son ordonnance \

En résumé, les mesures prises sous le règne de Philippe le Hardi à propos des personnes et des biens d'Église étaient propres à assurer la modestie et la sécurité de la société ecclésiastique sous la tutelle du prince ; elles ont eu par la suite une longue fortune. Louis IX, dans ses « Enseignemens », avait dit * : « Honeure et aime totes les persones de sainte Ég^lise, et g-arde que on ne lor face violence ne que on leur sostraie lor aumosnes »; ces préceptes furent suivis à la lettre. Saint Louis, à la vérité, avait rappelé en outre le mot de Philippe- Auguste : « Je crois bien que les clercs me font du tort, mais quand je regarde les bontés que Dieu m'a faites, j'aime mieux laisser aller de mon droit que de susciter du scandale à sainte Église ». Mais Louis IX lui-même s'était montré très peu disposé à « laisser aller de son droit », sauf en certains cas particuliers et de médiocre conséquence; son fils l'imita également sur ce point. Ces deux rois, dont la législation est tout imprégnée à la fois d'esprit ecclésiastique et d'esprit féodal, n'ont accordé à l'Église, comme à la féodalité, que des faveurs individuelles, jamais de concessions générales. Nous l'avons déjà vu, nous le verrons encore en traitant des rapports du pouvoir royal avec les juridictions seigneuriales et les officialités ^

Mais il y a un contraste frappant, pendant la période

1. L'exaction fut générale. Pour les églises de Normandie, voy. Carlul. normand, n" 898-905, septembre 1277. On a des chartes pour les bailliages de Vermandois [Carlul. d'Ourscamps, p. 322; Saint-Barthélemi de l^oyon,Arch,Nut., K, 18;j, n" 37 ; Foigny, 76., n» 105) ; de Sens (les Barbeaux, Arch. Nut., K, 190, no 80) ; la sénécliaussée de Poitou (Duval, Carlul. de V abbaye des Chale/iers, p. 183; Coll. Funteneau, IV, 391, Charroux; XI, 429, Saint-IIiiaire de Poitiers), etc.

2. Sur la résistance des Templiers, voy. Mand., n' 138. — Cf.Hist. gén. Lang., X, pr. c. 241, n» 2.

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