‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 279 sur 447 · Chap. V · texte numérisé non relu

Chap. V

qui va de 1270 à 1285, entre l'histoire extérieure de l'Église

— c'est-à-dire l'histoire de ses relations avec les puissances du dehors — qui est calme, et son histoire interne, qui est orageuse et obscure. Il y eut alors des luttes violentes entre les Thomistes, les scolastiques, futurs disciples de Duns Scot, et les sectateurs de l'Évangile éternel; entre les mendiants et les séculiers. L'autorité royale ne pouvait manquer d'intervenir en quelque façon dans ces conflits.

Philippe III ne se mêla pas des affaires de la grande république universitaire (dont le légat Simon de Brie réforma sous son règne les statuts administratifs \ et qui, bien que déchirée entre les partis philosophiques, était alors au comble de la gloire -), si ce n'est pour confirmer ses privilèges ^, pour surveiller les désordres sanglants de ses écoliers \ et pour inviter les maîtres qui croyaient leurs droits méconnus à reprendre leurs cours ^. Il ne lui appartenait pas de refréner la hardiesse de ceux qui tentaient alors des révolutions dans les régions spéculatives.

Cependant il n'y avait jamais eu une telle fièvre d'hérésie et de révolte. Dès 1271, Etienne Tempier, évêque de Paris, gardien officiel et impitoyable de l'orthodoxie, condamna des erreurs théologiques, et les maîtres de l'Université défendirent d'agiter dans les cours des matières de foi, sous peine d'expulsion ^ Quelques années après, l'évêque de Paris dut prononcer de nouveau l'anathème contre une série de propositions qui étaient soutenues dans l'Université; il y en avait de fort étranges ' qui rejetaient, non pas tel ou tel dogme,

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