‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 280 sur 447 · Arch. Nat., M, 66^ n · texte numérisé non relu

Arch. Nat., M, 66^ n

i. L. Delislk, Essai de restitution, n" 291. —H. F., XXI, 131, ad ann. 1279. « En cest an meisme, s'esmeurcnl moult cruclmenl les cscollers auglois contre les Piccars et firent monll d'assaulx les uns aux autres, et plusieurs en furent occis... Si en fut l'estnde moult cmpescliiée. »

5. Du BouLAv, op. cit., III, 455. L'Université interrompit l'enseignement à cause d'une injure faite à un maitre en médecine : » Rex cam rogalam voluit ut lectiones resunieret. » [5 juillet 1281.]

fi. Du BouLAY, op. cil.,]n, ;i97. Statut de la Faculté des arts, {l" avril 1271.)

7. Voy. l'ordonnance d'Ét. Tempier, datée du 7 mars 1277, du Boulay, III, 434.

— Cf. B. N., lut., 14508, {" 257. •• Articuli condcmpnati ab episcopo [parisiensi

l'université de paris 241

mais la toi tout eiilière ; il était dit que le monde est éternel, qu'il n'y a jamais eu de premier homme, qu'il n'y a pas de providence, que l'àme est mortelle, que les choses humaines sont régies par le cours des astres, que le christianisme contient des fables comme les autres religions, qu'on peut se sauver par la seule morale. La liste des hérésies condamnées par l'assemblée de théologiens qui, le 22 janvier 1277, se réunit aux Bernardins, contient en outre des axiomes tirés des ouvrages de saint Thomas ' et beaucoup d'articles de la doctrine franciscaine, empruntés par les disciples d'Alexandre de Halès aux g-loses mal famées d'Averroès et d'Avicenne ^ L'arrêt qui les frappa n'est pas motivé; il accabla pêle-mêle les écoles les plus contraires. « C'est que, suivant l'expression d'un historien moderne, ce n'est pas telle philosophie, mais toute philosophie qu'auraient voulu proscrire les conseillers orthodoxes de l'évêque de Paris. »

Etienne Tempier, qui n'était ni un savant ni un écrivain ', mais un homme de gouvernement, déploya vraiment en 1277 la raideur d'un inquisiteur ; mais il ne pouvait atteindre l'hétérodoxie que chez les docteurs de l'Université. Or, l'hétérodoxie s'était répandue dans toutes les classes de la société sous ses formes contradictoires, incrédulité et mysticisme. Les gens qui n'entendaient rien aux spéculations d'un saint Thomas ou d'un Roger Bacon en savaient assez pour saluer, avec Jean d'Olive, Taurore des temps nouveaux où « seraient coupées les branches pourries du tronc de l'Église »; pour se laisser aller à la foi extatique et simplifiée des Franciscains. D'autres, tombés dans une impiété grossière, en venaient à commettre les derniers sacrilèges; on voyait beaucoup de chrétiens se convertir au judaïsme *; les hérésies albigeoises, malgré la persécution, avaient encore des racines tenaces

an]no Domini MGGLXXVI, qui excommunicavit [eos] qui aliquem de eis dogmatizare vel sustinere presumpserint quoquomodo. »

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