Hist. Liltér., XIX
4. G. Saioe, les Juifs du Languedoc, p. 232. Bulle de Grégoire X, \«' mars 1273, aux Inquisiteurs du Midi. « Quamplurimi cliristianî, veritatem calliolice lidei abnegantes, se dampnabiliter ad ritum Judaïciiui transtulerunt. »
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dans le Midi '. C'était affaire à l'Inquisition dominicaine de réprimer ces mouvements populaires, indices d'aspirations vag-ues vers une réforme prématurée. Mais l'Inquisition avait besoin, pour accomplir son œuvre disciplinaire, de l'appui des princes du siècle; Pliilippe III lui accorda le sien sans réserves. Les papes, Nicolas III lui-même, le louèrent d'avoir à cœur « l'affaire de la foi » ". Il munit à plusieurs reprises les Inquisiteurs de sa sauvegarde spéciale ^ ; ses sénéchaux, entre autres ceux de Toulouse et de Carcassonne, les secondèrent de leur mieux \
Ni Louis IX ni Philippe III, hommes simples, doués d'une foi aveugle, qui vivaient en dehors des controverses dogmatiques, n'hésitèrent à se prononcer contre les hérésies populaires ou savantes ; mais leur embarras fut plus grand quand la lutte se déclara dans le sein même du clergé, entre les dépositaires officiels de la vérité. Ils avaient tous les deux une confiance particulière dans les moines de Saint-Dominique et de Saint-François, au moins pour la direction de leur conscience ^ ; mais ils comptaient parmi leurs conseillers intimes une foule de membres du clergé séculier; or, le clergé séculier était animé contre les mendiants d'une haine très vive; les sympathies des rois se trouvaient donc partagées. Plus tard, le gouvernement royal, en relations hostiles avec les papes, associa ses intérêts avec ceux de l'Eglise gallicane; mais Philippe III fut l'allié du pape Martin IV,
1. Voy. les registres de rinquisition de Carcassonne, B. N., Coll. Doat, XXVI, XXXII. Martëne a publié un traité intitulé : Doctrina de modo procedendi cojitra hereticos, qui paraît avoir été rédigé en Normandie vers 1280 [Ilist. (fén. Lang., IX, p. 38).
2. A?'ch. Nat., L, 268, n° 27. « Vigilare eo studcmus attentius que clarissimum in Christo filium nostrum Ph., illustrem Francorum regem,aà negocium [fideij efficaciter promovendum serventiorem sonliuuis. » — Cf. PoUhasl, n" 21806.