‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 290 sur 447 · Olim, II · texte numérisé non relu

Olim, II

Dans les communes situées plus près de la France proprement dite, l'accord ne régnait pas davantage entre la plèbe et les familles en possession héréditaire des magistratures, ou bien entre celles-ci et les seigneurs féodaux; mais la menace toujours suspendue de l'intervention des gens du roi suffisait généralement à empêcher toute violence. D'ailleurs, les partis y recouraient plus volontiers qu'ailleurs à l'arbitrage du prince qui, en attendant des enquêtes détaillées, mettait provisoirement sous sa main les choses en litige.

Ainsi, l'évêque et le conseil de ville de Noyon étant brouillés, Gautier de Chambli et le bailli royal furent envoyés ad scicndum statum ville et ils chassèrent cinq membres du conseil, qui étaient les meneurs des troubles \ A Châlons, l'évêque et les bourgeois s'étant disputé la nomination de cinq échevins, il fut ordonné que trois de ces échevins seraient désignés pour cette fois par le bailli de Vermandois, « à titre d'ami » ^ A Dijon, deux maires avaient été élus en même temps; il fut décidé que, pendant le procès, les chartes et le sceau communal seraient placés sous la main du roi et que « quelqu'un de convenable » serait institué, en son nom, pour le gouvernement de la ville '. En 1283, comme il s'était produit des divisions dans la commune de Sens, le roi y préposa un garde qui tint lieu du maire et des autres ofliciers qu'on n'avait pas élus *.

Ces exemples illustrent à merveille la théorie contemporaine du juriste Bcaumanoir^; mais Beaumanoir remarque avec raison que ce sont surtout les questions financières qui réclament l'intervention du suzerain dans l'administration des villes. Les questions de finances entretenaient la vivacité

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