Mand., n
5. C'est la mise en pratique de la doctrine de Beaumanoir {loc. cit., p. 121). " Doivent ticx contes eslre rendus en la presenche doa seigneur de la ville ou d'autres envoies de par le seigneur et en la présence d'aucuns establis de par le commun a oir les contes et combatre les, se mestierz est. »
G. A. GiiiY, Éludes sur Suint-Omer, p. IGl.
2o4 PHILIPPE III
comptes, trop tardif, demeurait impuissant. Beaucoup de villes ruinées par une longue anarchie financière étaient surcliarg-ées de dettes énormes qui nécessitaient une immixtion plus active du pouvoir central dans leurs affaires. « Grant mestier est, dit Beaumanoir, que on sequeure les villes de commune en aucun cas, aussi comme on feroit l'enfant qui est sous aagié *. » Ces communes furent donc mises, pour leur bien, sous la curatelle de la royauté, comme des prodigues ou des mineurs; et « les gens des contes le roi » vinrent rétablir chez elles le crédit, diriger ou surveiller la réforme de leurs budgets.
Sous Philippe III, les villes de Roye ^, de Montreuil % etc., reçurent l'autorisation de s'imposer pour acquitter leurs dettes. A Beauvais, les gens du roi fixèrent une taille « pro villa acquitenda », et comme les jurés l'avaient diminuée de leur chef, la cour ordonna, à la prière des habitants, que cette taille serait levée intégralement sur les contribuables 4. Le maire et les échevins de Noyon, au mois de février 1279, envoyèrent à Paris un mémoire célèbre ^ où ils proposaient de liquider leur dette au moyen d'une taille annuelle de 6000 livres. Il est curieux de voir que le contrôle du roi y est invoqué à chaque ligne : la taille sera levée « par celui que li roys i establira » ; le receveur « en contera par devant les mestres des contes le roi » ; si quelqu'un refuse de payer sa part, « cil qui seroit de par le roi rendroit li cors en Chastelet, à Paris »; s'il fallait refaire la taille, « il la referoient par le conseil de celui qui seroit de par le roi ». Sans doute, la soumission n'était pas si complète dans les grandes villes; cependant, à Rouen, où la levée des taxes était très malaisée, trois commissaires royaux, l'évèque de Dol, l'abbé de Saint-Denis et Simon de Néelle, réglèrent heureusement de concert avec l'assemblée générale des bourgeois, en 1283,