‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 293 sur 447 · CONTROLE DU ROI SUR LES FINANCES DES VILLES · texte numérisé non relu

CONTROLE DU ROI SUR LES FINANCES DES VILLES

l'administration financièro ' ; un impôt de deux mailles par livre sur toutes les transactions commerciales fut établi, dont un tiers reviendrait à la commune et les deux tiers au roi. Le roi remplaça réclievinai^e d'Arras ])ar quatre administrateurs et quatre argentiers auxquels, avec le consentement du comte d'Artois, il délégua le soin des finances de la ville, en les chargeant de rabattre les usures ^ Au parlement de la Toussaint 1279, les éclievins de Reims demandèrent à la cour de France si « il porroient avoir congiet de taillier de par le roi » au cas où l'archevêque refuserait de leur laisser établir les tailles nécessaires; les membres de la cour répondirent par l'affirmative, et dirent que si l'archevêque, sommé par sergent royal, persistait dans son refus, « li rois feroit faire taille pour aquiter la ville par son commandement^ ». Il en était de même dans le Midi : Philippe III régla la façon de lever la taille à Moissac *. Le viguier de Toulouse fut approuvé par le Parlement quand il demanda ^ que les consuls n'eussent plus le droit de percevoir des collectes sans son assentiment; que, chaque année, ils rendissent leurs comptes, soit à Paris aux clercs du roi, « comme il leur avait été ordonné », soit à Toulouse devant le délégué du souverain; enfin, que la garde et la délivrance des deniers municipaux fussent confiées à un receveur dépendant à la fois de la viguerie et des consuls.

Ainsi, comme le voulait Beaumanoir, le roi, seig-neur des bonnes villes, s'appliqua soit à apaiser leurs guerres civiles *', soit à choisir ou à suppléer leurs magistrats, soit à réorganiser et à régulariser leurs finances. Les empereurs

1. Chéruel, liist. de Rouen, I, 174. — Cf. A. Giry, les Établissements de Rouen, p. 43.

2. Pièces justif., n» XVI. — Cf. Guesno.n, Chartes de la ville d'Arras, p, 39.

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