‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 294 sur 447 · Mand., n · texte numérisé non relu

Mand., n

K. Hist. f/én. Long., X, pr. c. 156 (Pentecôte 1279).

6. Beaumanoir, loc. cit., p. 121, § 8. « Quand contens muet entre chaus d'une bonne ville pour mellée ou pour haine, le seigneur ne le doit pas souffrir... car autrement se porroient les bonnes villes perdre par les mautaleas qui seroient dus uns lingnages encontre les autres. » — Sur les prétentions de viguier de Toulouse à la direction de la police de cette ville, voy. Hist. gén. Lanrj., X, pr. c. 154. « Responsum est quod consules custodiant villam, prout consueverunt et uihilominus vicariiis vel subvicarius et scrvienles ipsorum eam custodiant, cum videbunt e.xpedire. »

romains n'avaient pas procédé autrement quand, en multipliant les « curatores » et les irénarques, ils avaient substitué dans toute l'Italie des fonctionnaires impériaux aux magistrats indépendants des municipes. Mais le roi avait encore d'autres moyens d'insinuer ses officiers dans le gouvernement des communes, ce qui était naturellement très propre à désemparer leur autonomie. La levée des aides générales, telles que l'aide pour la chevalerie de l'héritier de la couronne ou les convocations à l'ost, favorisait grandement l'envahissement des libertés particulières par les fonctionnaires de tout ordre. En effet, si les villes se prétendaient exemptes de l'imposition en vertu de l'usage ancien, le bailli du ressort ne manquait pas de contester cet usag^e; à supposer qu'il n'obtînt pas gain de cause au Parlement, l'immunité des cités recevait toujours quelque atteinte des procédures, même infructueuses, qui avaient été dirigées contre elles. Bourg-es, Issoudun, Dun-le-Roi *, Reims ^, malgré leur résistance, furent ainsi forcées de payer l'aide pour la chevalerie du roi par les baillis de Bourges et de Vermandois. Nous verrons même que l'impôt du roi était assis et perçu quelquefois, non par l'autorité locale, mais par les receveurs du roi ^

Les conflits de juridiction, plus fréquents encore que les levées d'impôts, fournissaient aussi aux baillis le prétexte d'empiétements sans fin *. A Rouen et à Toulouse, les conflits d'attributions entre les jurés ou les consuls d'une part, le viguier ou le bailli d'autre part, furent même si graves que le roi fut obligé de reviser et de corriger les chartes constitutives de ces deux cités. Or, réformer des coutumes écrites, c'était de la part du prince un acte décisif qui marque, mieux que tout le reste, la décadence du régime de l'indépendance féodale.

A son avènement, Philippe le Hardi avait confirmé, h l'exemple de son père, les privilèges de Rouen " ; en mai 1278,

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