LES DOMAINES DE PIERRE DE LA BROCE
et les rois descendaient jusque-Jà, on pense jusqu'où pouvaient aller les générosités intéressées des seigneurs de second ordre, en quête d'un protecteur '.
Pierre administrait en bon père de famille sa fortune de fraîche date; on admire dans les contrats innombrables d'achat, d'échange et de bail qui forment en quoique sorte ses archives domaniales, sa patiente ténacité de propriétaire campagnard à arrondir ses terres, à débarrasser ses beaux fiefs de Touraine de toute servitude et de toute enclave. A Langeais, il acquit d'Aaliz, dame de Saint-Micheau-sur-Loire, une tour qu'elle avait ^; il racheta de Maurice de Craon, sénéchal d'Anjou et du Maine, une rente qui grevait la chàtellenie ^ ; Guillaume l'Archevêque, sire de Taillebourg, lui abandonna une autre rente de cent livres qu'il avait le droit de prendre sur la prévôté. De même, il augmenta son fief de Châtillon-sur-Indre du château de Palluau et de ses appartenances *. 11 avait la joie d'êlre un riche suzerain dans le pays même où ses ancêtres n'avaient possédé que le petit domaine de la Broce, car il comptait parmi ses vassaux de très nobles hommes; aux convocations de l'ost royal, il pouvait venir escorté du seigneur de l'Isle-Bouchard, de G. d'Auverte, de Hardouin de Mailli, de R. de Prungi, de G. de Palluau ^, et de plusieurs autres. Si ces personnages, qui tenaient jadis leurs terres directement de la couronne, faisaient quelque difficulté pour lui prêter foi et hommage, l'intervention impériens du roi ne tardait pas à les contraindre à l'obéissance ^ —
ad vitam suam percipiendis in coustuma burdegalensi : » — « Item, alie littere régis A. per quas mandat constabulario burdeg. quod redditum predictum solvat infra mensem Nativitatis Domini ».
1. Arch. Nat., J, 727, n" li6. Don de G. de Monbazon, chevalier, « propter bénéficia atque servicia dudum nobis et nostris impensa ».