‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 361 sur 447 · REQUÊTES JUDICIAIRES ET REQUÊTES POLITIQUES · texte numérisé non relu

REQUÊTES JUDICIAIRES ET REQUÊTES POLITIQUES

tachés à la curia régis. On l'a très biL'ii dit, « les baillis étaient (le véritables membres du Parlement en mission dans les bailliages * »; c'est en 1302 seulement que Philippe le Bel établit l'incompatibilité entre les titres de consilUo'ius et de senescallus. Jusque-là, les administrateurs provinciaux n'étaient, pour employer le vocabulaire moderne, que des conseillers en service extraordinaire, qui, pendant leurs séjours à Paris, reprenaient leur siège parmi leurs collègues de la Cour. Nous voyons même que l'un des membres les plus actifs des parlements du temps de Philippe III fut Renaut Barbou, bailli de Rouen'. Aussi la cour délibérait-elle souvent sur des questions d'ordre purement administratif; un grand nombre de mandements, rédigés au nom du roi, sortaient de sa chancellerie.

Lorsque les évêques de la province de Bordeaux adressèrent au roi, en 1281, une pétition pour le redressement des abus, leur messag-er, maître Jean du Breuil, présenta leur lettre à Philippe III; mais celui-ci, après avoir regardé les sceaux, la donna à l'un de ses sergents d'armes en lui enjoignant de la porter à ses conseillers; et le sergent alla à la chambre des plaids, où il remit la pétition à R. Barbou, en présence de plusieurs autres conseillers du roi ^ Le Parlement recevait donc également les requêtes judiciaires et les requêtes politiques. C'était aussi devant le Parlement, garni ou non de grands vassaux, qu'avaient lieu les prestations solennelles d'hommage \ La curia régis avait enfin des attributions purement politiques. C'était à la cour du roi qu'on demandait d'interpréter les établissements et les lois. Elle concourait du reste à l'exercice de la plus haute des prérogatives de la couronne, celle de formuler des règlements nouveaux : « Dominus rex volait in pleno parlamento... »

On voit que quelques distinctions essentielles restaient encore à accomplir pour transformer définitivement le pala-

d. Beugnot, les Olim, II, p. xxxvii.

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