‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 402 sur 447 · EMPRUNTS · texte numérisé non relu

EMPRUNTS

prociirandis. Ils no revinrent pas les mains vides. On récolta 4312 livres dans la seule circonscriplion d'Orléans '. Robert Mignon, au xiv^ siècle, trouva dans ses archives des rouleaux [compoti muluorum) contenant la liste des prêts faits en 1284 "; ils n'avaient pas encore été tous remboursés, après trente-cinq ans passés.

Philippe ne contracta pas seulement des emprunts dans ses domaines, mais aussi chez les grands vassaux. Le 5 février 1283, il reconnut avoir reçu des bourg-eois d'Arras 6230 livres tournois, qu'il promit de leur restituer à la prochaine Purification ^ En Flandre, il envoya « de sa g-ent » pour requérir les villes de Bruges, d'Ypres et les autres du comté « de lui fere prest à rendre à certain jour par la seurté de ses letres * » ; les villes ne répondirent pas, mais, en février, le comte de Flandre leur écrivit de Paris d'écouter favorablement de nouveaux messagers. Le roi donna aux villes flamandes, quelque temps après, des lettres de garantie et de non-préjudice.

Droits domaniaux, aides féodales et aides de l'ost, dons ou subsides pour les besoins de la guerre, aides ecclésiastiques ou décimes, emprunts, voilà les principaux chapitres d'un budget de recettes qui ne comportait pas encore d'impositions publiques. La plupart des princes, depuis les premiers Capétiens, en avaient ajouté un autre; ils avaient cherché, s'ils étaient besogneux, un supplément de recettes dans les variations monétaires. Altérer les monnaies était devenu, pour ainsi dire, un droit domanial "" ; on sait que Philippe le Bel en a abusé; Philippe le Hardi n'en usa pas.

La bonne qualité de la monnaie était au moyen âge la

1. II., pp. 659, 670. — Cf., sur les prêts recueillis daus les autres bailliages, Brussel, Usafje des fiefs, I, 420.

2. H. F., XXI, 526, K. « Compoti mutuoruni et donorum faclorum régi pro Arragonia circa 1284, et pro Vasconia annis 1294 et 1295. De quibus aliqiia fuerunt reddita persouis a quibus recepla fuerunt et aliqua restant reddanda; pluribus fuerunt riirsus cedule testimoniales facte. »

:î. Arch. du Pas-de-Calais, A, 31, n» 5. En 1212, les bourgeois d'Arras avaient donné une somme égale à leur comte pour les frais de l'expédition de Fois. GuKSNON, Charles d'Arras, p. 40.

4. Pièces justifie., n" XA'.X. Cf. K. de Lettenhovk, ///nL de Flandre, II, 354, et Olim. III, 116.

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