‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 405 sur 447 · MONNAIES ROYALES · texte numérisé non relu

MONNAIES ROYALES

l'exception du denier d'or, qui, à raison de son poids (4 gr. 895), aurait dû avoir cours pour 14 sous 9 deniers, et dont la valeur légale fut portée à 45 sous ', ces monnaies étaient' d'excellent aloi; leur valeur ne subit, en quinze ans, aucuti changement sensible -. La royauté avait donc le droit d'ordonner, dans ses établissements monétaires, que « nul baron qui ait monoie ne la puisse amenuisier ne de poids ne de loy sans changer le coing ». Observer ses propres règlements, c'était le moyen de les faire observer, car, suivant la forte expression d'un mémoire du (( commun des mestiers de Paris », « le peuple prent essample au chief " ».

Le seul profit que le gouvernement de Philippe III voulut tirer de sa monnaie fut un profit politique ; il chercha à en populariser l'usage au détriment des espèces féodales et étrangères. Le droit régalien de monnayage est une des prérogatives les plus marquées de la souveraineté ; et la royauté, fière à juste titre de son honnêteté financière, tendait depuis le commencement du xni" siècle à s'en assurer, sinon la jouissance exclusive, du moins une jouissance plus large. Les premières ordonnances de Philippe sur cette matière stipulèrent, comme celles de Louis IX, que les monnaies royales auraient seules cours sur les terres de la couronne; qu'elles auraient cours, concurremment avec les monnaies féodales, dans les domaines des grands barons ; elles portaient défense « sous peine de corps et d'avoir, d'amenuiser, de trébucher et de faire fondre la monnoie du roi * ». En 1275, le roi y ajouta une disposition nouvelle; un mémoire anonyme, sans date, mais que Leblanc croit antérieur à 1279 ^, lui avait conseillé d'établir le monopole royal du poinçonnage des métaux précieux : « Il seroit bon à faire, pour échiver moût de malice qui en sont fêtes à Paris et pour le grant profit nostre cher seigneur le roi, qu'il fit faire et afiner tout l'argent..., et seroit grant honneur au roi que nul n'ozast ouvrer fors argent signé du sein le roi ». Philippe ne prit pas une

1. Leblanc, Traite des monnaies, p. 199. — Cf. Vuituy, op. cit., p. 43u.

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