‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 406 sur 447 · Arch. Nat., J, 1022, n · texte numérisé non relu

Arch. Nat., J, 1022, n

4. Ordonnances de 1211, 1273, 1275, 1284. o. Leblanc, op. cit., p. 201.

mesure si radicale, mais il ordonna que chaque ville où se trouverait une corporation d'orfèvres aurait un poinçon particulier \ Ce règlement donnait en quelque sorte aux officiers royaux la surveillance des marques de fabrique. En 1282^ les baudekins, les valenciennois et les autres monnaies noires ou blanches de hors le royaume, à l'exception des esterlings tolérés au taux de quatre tournois, durent être percés; on défendit, tant dans les bailliages que dans les grands fiefs, de les exporter à l'étranger : « Cil cui ele [la monnaie] sera, la vende ou la change comme billon ^ ». En novembre 1284, les. prescriptions des ordonnances de saint Louis, combinées avec les « ajoutements » de 1275 et de 1282 et avec quelques sanctions pénales encore inédites, furent publiées de nouveau. L'ordonnance de 1284 résume ainsi toute la législation du règne, d'autant mieux qu'un mandement qui l'accompagnait •'' contenait encore des « ajoutements » importants sur la valeur des monnaies de l'Empire, comparée à celle des parisis.

La constitution financière des Etals est caractérisée aujourd'hui par l'existence des impôts publics et par l'unité monétaire. Au contraire, l'État féodal, tel qu'il était à la fin du xiii" siècle, ne connaissait pas encore d'impôts publics, et la monnaie royale, si bonne qu'elle fût, n'avait pas seule cours. Le règne de Philippe le Hardi a vu néanmoins de grandes choses s'accomplir : la régularisation des amortissements, la multiplication des aides militaires et des emprunts, raffermissement du contrôle de l'autorité centrale sur le commerce et l'échange des espèces d'or et d'argent. Il n'y eut pas révolution, ou, comme dit M. Vuitry, coup d'état, mais évolution sensible vers une organisation nouvelle. Il faut noter, du reste, que bien que les besoins de la couronne aient été immenses, on n'entendit point s'élever contre ses exactions le concert de plaintes que la misère arracha, sous Philippe le Bel, aux contribuables pressurés \

1. Ord., I, 814. — Cf. R. Monsnyer, .S. Martini ecclesiie historia generalis, p. 32.. Mabille, Cal. de.t Chartes de dom Rousseau, n° 3276. — Voy. surtout Labarte, Uist. des arts industriels, II, 19.

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