LA SOLDE
convocation do 1272, un grand nomhro de desobéissances, puisque le roi jugea nécessaire, en 1274, « pour conserver ses droits et châtier les coupables », de taxer l'amende des réfractaires ^ D'après l'ordonnance de 1274, chaque baron réfractaire devait payer cent sous tournois « pour les dépens qu'il aurait faits s'il était venu à l'ost » et cinquante sous pour l'amende; le banneret, vingt sous de dépens et dix sous d'amende; le simple chevalier, dix sous do dépens et cinq sous d'amende; le sergent ou l'écuyer, cinq sous de dépens et deux sous six deniers d'amende. Pour un service de quarante jours, chaque baron avait donc à débourser, pour lui seulement, une somme de 300 livres tournois. Cette évaluation du prix du service de guerre subsista à peu près sans retouches jusqu'au tarif du 7 août 1335,
On a cru longtemps, sur l'autorité de Michelet, que la noblesse avait reçu pour la première fois une solde sous Philippe de Valois ^; mais ce roi ne fit que renouveler les dispositions de ses ancêtres. De tout temps les princes, pour suppléer à l'insuffisance des contingents féodaux, avaient « retenu » des gentilshommes à leur solde : Philippe III, pas plus que Philippe de Valois, n'inventa cette coutume, mais il eut le premier le mérite de déterminer le taux des soldes. Chose curieuse, c'est l'évaluation de l'amende représentative du service de guerre, fixée dans l'ordonnance de 1274, qui servit désormais de base à la rémunération des bannerets, des chevaliers et des sergents. Quand les officiers royaux, en 1276, proclamèrent par tout le royaume la semonce féodale, ils proclamèrent aussi un stipendnwi : dix sous au simple chevalier, vingt sous au banneret ^, douze deniers aux sergents à pied. Le stipendium resta ainsi tarifié pendant le règne de Philippe le Bel '.