‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 56 sur 447 · Voy. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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mière place auprès du roi; elle en profita aussitôt pour nouer des intrigues propres à assurer le succès de ses desseins.

Elle détestait Charles d'Anjou, qui lui avait enlevé sa part légitime de l'héritage de Provence. En effet, fille aînée du comte Raymond Bérenger, elle avait vu avec dépit son père léguer par testament les comtés de Forcalquier et de Provence à sa jeune sœur Béatrice; or, à la mort de Raymond^ Marguerite et ses deux autres sœurs, Alienor, reine d'Angleterre, et Sancie, comtesse de Cornouailles, avaient été exclues de la succession paternelle, et Charles d'Anjou avait épousé Béatrice. Grief mortel, que Charles d'Anjou ne craignit point d'aggraver encore en refusant de payer la dot de Marguerite? Celle-ci n'eut plus dès lors d'autre pensée que d'arracher à son heau-frère les domaines qu'il possédait injustement. C'est pourquoi elle accueillait avec faveur, même sous Louis IX, ceux qui, comme Hugues des Baux, avaient à se plaindre du roi de Sicile ^; c'est pourquoi, liée à sa sœur Alienor par des inimitiés communes, elle prenait si fort à cœur les intérêts des princes d'Angleterre, ses neveux. Henri IH, puis Edward P", trouvèrent chez elle un dévouement sans limites; elle entretenait avec eux une correspondance active ^ pour leur recommander ses protégés, ou s'informer avec effusion de leur santé, ou leur demander leur appui contre les Angevins ^. Elle rendit à Edward P'' toutes sortes de bons offices; en 1275, ses conseils décidèrent Philippe HI à remarier Blanche, veuve du roi Henri de Navarre, avec Edmond, frère du roi d'Angleterre, qui entra ainsi en jouissance des comtés de Champagne et de Brie. — S'il faut en croire G. de Nangis, Robert d'Artois, qui apprit ce mariage en revenant d'Italie, où il avait été visiter Charles d'Anjou, en fut fortement cour-

i. Champ., I, 254.

2. Nous en avons encore les pièces; elles ont été publiées par M. Ciiampollion. Elle correspondait aussi avec les principaux personnapçcs d'Auglcterre; V. une lettre de John Pecldiam, archevêque de Cantorbery, à Marguerite, 1279. Regislr. cpist. J. Peckham, I, 3.

3. Voy. notamment Champ., p. 252. — Cf. une lettre d'Edward X"' au prince de Salerne, fils de Charles d'Anjou, pour l'exhorter à céder à Marguerite : « A la fin regardée l'amour ke l'avant dite nostre taunt a eu tus jurs a nus, et regardez les ennuis ke ele avoit pur nus et l'ayde ke ele nus fist tant coin» nus fumes en persécutions et ennuis... » (Rymeh, I*, 197, 1.)

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