LES « AMIS « DE MARGUERITE DE PROVENCE
roucé, « car il pensait bien que le roi d'Angleterre n'avait nul amour au roi de France * ». — En 1281, elle essaya de resserrer l'amitié des maisons royales de France et d'Angleterre et proposa à Edward I'"" im mariage entre son fils et l'une des filles de Philippe III *. Ainsi, le parti de Marguerite de Provence était en quelque sorte le parti anglais. Il était nombreux; car lorsque la reine réunit à Mâcon, en 1281, tous ses amis à l'ofîet de délibérer sur les moyens à prendre pour reconquérir par la force l'héritage de Provence, elle se vit entourée des comtes de Champagne, de Savoie, d'Alençon, de l'archevêque de Lyon, de l'évèque de Langres, du comte de Vienne, de Thomas de Savoie, son cousin, du sire Henri de Paigni, du duc et du comte de Bourgogne '\ On sait d'ailleurs que l'évèque de Langres était inféodé aux intérêts des princes d'Angleterre ^. Quant aux comtes de Savoie, oncle et cousin de Marguerite, qui les avait toujours soutenus avec chaleur, soit auprès de Louis IX ^ soit auprès de son fils ^, ils étaient, eux aussi, en relations régulières et amicales avec Edward ; Robert de Bourgogne protestait, dans des lettres qui ont été conservées, de son dévouement envers le roi anglais et les siens ''. Enfin, des deux principaux personnages de l'assemblée de Mâcon, Edmond de Champagne et Pierre d'Alençon, l'un était un Anglais à peine francisé
1. H. F., XX,501.« Consilio Marguerite regine. » Cf. Gves:<os, Chartes d'Arras, p. 140.
2. Champ., p. 282. — Cf. Boutaric, Marg. de Provence, p. 449. « Très cheir nies, nous avons regardé une voie par laquelle nous antandons que li cuer de vous et de nostre fil le roi porroient eslre plus joint ainsamble par bonne amour, c'est asavoir que mariage se feist de votre fil et d'une des filles le roi nostre fil; de laquelle chause nous nous travaillerons moût voluntiers, si nous savions que il vous plaist. »
3. Champ., p. 265 (1281).« Et plusors de nos autres amis. « Cf. ci-dessous, p. 152.
4. Lettre de Maurice de Craon à Edward I" (1280). « Nos nos aperceumes bien que plusors du eonselh du roi de France estoient lié de la desnaturesce que li rois de Castele vos mostroit et en oismes plusieurs paroles e aucun de voz amiz, cum li evesques de Lengres, qui le nos dist, e autre, eu estoient anuié. » (liée. Off., Royal Letters, n" 1427. Champ., p. 363. Rymer, I-, p. 186.)