‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 72 sur 447 · PHILIPPE III EN AFRIQUE · texte numérisé non relu

PHILIPPE III EN AFRIQUE

contraindre le sultan h lui payer le triljut qu'il négligeait depuis longtemps d'acquitter entre les mains des rois de Sicile. L'historiographe de Saint-Denis traite ces accusations avec dédain; il les attribue à la simplicité et à l'ignorance de pauvres gens qui n'entendaient rien à la politique; elles étaient pourtant assez fondées, et un] homme comme P. de Condé n'hésitait pas à les développer dans une lettre adressée à Mathieu de Vendôme \ Seulement, si Louis IX avait eu tort, pour satisfaire l'ambition de son frère, d'engager la croisade dans l'aventure sanglante de Tunis, Philippe III avait raison, que Charles d'Anjou y trouvât ou non son compte, de se retirer au plus vite d'une situation sans issue.

Le mois d'octobre se passa en négociations entre les plénipotentiaires \ Geofîroi de Beaumont et Abou Zeyyan Mohammed, qui intervinrent tous deux au traité. Le roi, pendant ce temps, s'occupait de payer les gages de ses chevaliers^; le 2 octobre, il fit son testament et, prévoyant l'éventualité de sa mort et d'une minorité, institua un nouveau conseil de régence *. Il réitéra, le 4 octobre, les prescriptions contenues dans ses lettres du 12 septembre, invitant les régents à veiller à la sécurité de son royaume , à fortifier les défenses des frontières de terre et de mer, afin d'éviter les surprises ; il leur recommandait aussi de faire payer au Temple toutes les sommes ordonnancées par son père et par lui-même, et de lui envoyer de l'argent, pour parer aux graves nécessités de l'heure présente ^ Il craignait sans doute que ses premiers messages, confiés à GeofTroi de Beaulieu et à Guillaume de Chartres, ne se fussent égarés en route.

Enfin on arrêta les conditions d'une trêve; elles étaient fort acceptables pour les chrétiens, quoique l'instrument original du traité, écrit en arabe ^, ne contienne pas certaines clauses très favorables qui, d'après G. de Nangis et un ano-

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