Mand., n
6. Il est conservé aux Arcli. Nat. — Il a été traduit et commenté par M. de Sacy. Méin. du l'Acad. des Inscriptions, IX, 448.
Langlois. 4
nyme de Padoue, y auraient été insérées. Le sultan de Tunis ne promit point de laisser prêcher dans ses Etats la religion chrétienne, ni d'entretenir trois mille hommes au service du Christ en Terre sainte ' ; mais il consentit à l'échange des prisonniers; iJ autorisa les chrétiens à demeurer et à faire le commerce sur ses terres et à y pratiquer leurs rites. Il s'engag^ea en outre à payer : 1° pour les frais de la guerre, 210 000 onces d'or, '"chaque once du poids de 50 sous tournois, moitié comptant; 2" l'arriéré de cinq années de trihut au roi de Sicile; 3° à l'avenir, un tribut double de celui qu'il payait jadis à Frédéric II. Ces articles furent arrêtés le 30 octobre, au dire de P. de Condé; ils furent approuvés le l'' novembre par Abou- Abdallah-Mohammed, qui jura de les observer.
Le 15 novembre, mardi après la Saint-Martin, les croisés commencèrent à s'embarquer sur leurs vaisseaux, à l'exception de Charles d'Anjou, qui restait en arrière pour recueillir les pauvres et les retardataires. On devait cingler vers le port de Trapani en Sicile, où l'armée se réunirait pour délibérer sur la direction que la croisade, commencée à Tunis, allait prendre désormais. « On pense généralement, écrit P. de Condé, que quelques seigneurs, comme le comte de Poitiers et Mgr. Pierre le Chambellan, par exemple, iront en Terre sainte avec des corps soldés; d'autres en Grèce contre Michel Paléologue avec le roi de Sicile ; et que le roi de France,, escortant le corps de son père, retournera directement dans son royaume en passant par Rome ^ » — On leva l'ancre le jeudi et on arriva le vendredi; mais, pendant la nuit du samedi, il s'éleva une tempête terrible qui dura trois jours; les marins n'en avaient jamais vu de pareille. Les plus grands navires chassèrent sur leurs ancres et furent engloutis, « comme des pierres », au fond de la mer, avec des milliers de personnes qui n'étaient pas encore descendues à terre. Dix-huit vaisseaux, neufs et solides, furent perdus; celui de
1. G. do Naû^'is ne fait mention de la première de ces cond liions ([ue dans sa Chronique et non dans les Gcsta. — Cf. le moine de Padoue, RU. II. SS., VIII, 734. — Au texte ofliciel du traité, il faut comparer l'analyse qu'en donne un témoin très di^ne de foi, P. de Condé, quelques jours après l'événement.. Spicilège, Ilî, 668.