‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 74 sur 447 · PHILIPPE III EN SICILE · texte numérisé non relu

PHILIPPE III EN SICILE

l'évêque de Langrcs ne renfermait pas moins de mille âmes, hommes et femmes, quand il sombra ^

A Trapani, toute velléité de croisade se trouva détruite chez les Francs par le désastre de leur flotte ; ils se contentèrent de s'eng^ager à se rendre dans trois ans, le jour de la Madeleine, dans un port qu'on désignerait, pour aller en Palestine, à moins que le roi de France ne leur reconnût alors des excuses légitimes. Les Ang-lais seuls persistèrent; le prince Edward, arrivé à Tunis après la mort de Louis IX, avait été indigné de la convention passée avec les Sarrasins ; Charles d'Anjou lui avait, paraît-il, défendu de se battre % parce que le sultan, en vertu du traité, avait envoyé au camp des croisés trente-deux chameaux chargés d'or et d'argent. Les Anglais avaient vu là une sorte de trahison ; comme leurs navires furent épargnés par la tempête du 19, ils crurent qu'un miracle avait protégé ceux qui ne s'étaient point souillés de l'argent des infidèles. C'est pourquoi Edward, laissant avec les rois de France et de Sicile son parent Henri d'AUomag-ne, annonça qu'il ne quitterait Trapani que pour aller, lui et sa compagnie, à Saint-Jean-d'Acre ^.

Philippe III resta quinze jours à Trapani, retenu par la maladie du roi de Navarre que tourmentaient des fièvres contractées en Afrique. Thibaut mourut le jeudi avant la fête de saint Nicolas; et l'armée, égrenant continuellement sur son chemin des cadavres et des malades, s'ébranla enfin du côté de l'Italie. On franchit le phare de Messine, Monteleone, Nicastro \ Le 11 janvier 1271, la reine Isabelle, grosse de six mois, tomba de cheval en traversant une rivière débordée sous les murs de Marturano, près de Cosenza, en Calabre ; elle accoucha d'un enfant mort, et, dix-sept jours après, elle succomba elle-

1. Spicilège. III. 668, c. 1. P. de Condé au prieur d'Argcnteuil.

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