‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 81 sur 447 · H. P., XXIII · texte numérisé non relu

H. P., XXIII

présence excita une liesse sans pareille. La ville était toute pavoisée d'étoffes de couleurs variées ; Robert y avait appelé les dames et les demoiselles du pays pour « faire tresclies et quaroles » avec les femmes des bourgeois. Puis le roi revint en France et, le 29 août, il se rendit en pèlerinage à l'abbaye de Saint-Denis.

C'est donc au mois d'août 1271 que commence, en réalité, le règne de Philippe le Hardi. De graves difficultés politiques allaient mettre aussitôt à l'épreuve l'habileté de son gouvernement.

Elles découlèrent de deux sources : d'abord, le Saint Empire romain germanique n'avait plus d'empereur depuis plusieurs années; l'ambition de Charles d'Anjou allait mettre tout en œuvre pour assurer à son neveu cette proie magnifique, la dignité impériale. — En second lieu, la mort d'Alfonse de Poitiers et de sa femme posa la grave question de l'annexion définitive des domaines de la maison de Toulouse à la couronne de France.

Alfonse de Poitiers, atteint devant Carthage d'une affection mortelle, avait été forcé de relâcher à Corneto, vile des Maremnes, où son mal se déclara; en allant à Gênes, il s'arrêta encore à S. Pier d'Arena et à Savone; mais à Savone, il mourut, le 21 août, et sa femme, Jeanne, succomba le lendemain même; si bien, dit l'annaliste génois, qu'on parla de poison ^ Ce double décès, assurément causé par une maladie contagieuse, ouvrait une succession très riche, car les deux époux n'avaient pas d'enfants. L'héritage comprenait les sénéchaussées de Poitou et de Saintonge, do Toulouse et d'Albigeois, la terre d'Auvergne, les sénéchaussées de Quercy, d'Agenais, de Rouergue, et, en Provence, le comtat Venaissin. C'était, pour ainsi dire, la France du Midi; à qui devait-elle échoir? — Les prétondants ne manquaient pas; c'était d'abord Philippe III, qui voulait naturellement recueillir le bel héritage que les traités passés entre Louis IX et Raymond VII assuraient à la couronne do France en cas d'extinction de la maison de Toulouse. C'était aussi Henri III, roi

]. Momim. Gern\ (Annales Januenses), XVIII, 271.

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