‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 82 sur 447 · PREMIERS EMBARRAS · texte numérisé non relu

PREMIERS EMBARRAS

d'AngieleiTc ; il se réclamait des droits qu'il tenait de Jeanne d'Angleterre, mère de Raymond YII, sur la dot de cette princesse, c'est-à-dire sur l'Agenais, le Quercy et la Saintong-e; ces droits, le traité de Paris de 1238 les avait formellement reconnus en stipulant que, si la famille des comtes s'éteignait, ces domaines retourneraient au roi d'Angleterre, ayant cause des possesseurs primitifs ^ Si le testament d'Alfonse de Poitiers laissait le champ libre à toutes les prétentions, — car il se bornait à instituer « ceux qui devaient être ses héritiers par la loi ou par la coutume » % — il n'eu était pas de même du testament de la comtesse Jeanne % (jui léguait formellement le comtat au roi de Sicile, et tous ses acquêts à Philippa de Lomagne, sa cousine. En outre, le pape pouvait prétendre à recevoir le Yenaissin, en vertu des conventions de 1229, qui avaient promis cette terre au sièg-e de saint Pierre. Enfin, les princes d'Aragon avaient des droits sur le comté de Millau, et la tentation était pour eux bien forte de s'immiscer dans les affaires d'une province où leur nom était très populaire, où ils pouvaient apparaître comme les défenseurs de la race méridionale, opprimée par les hommes du Nord; n'auraient-ils pas trouvé beaucoup de seigneurs mécontents, tout prêts à embrasser leur cause?

Ces convoitises, liguées entre elles, auraient pu créer de graves embarras au g-ouvernement de Philippe III; mais Philippe agit avec tant de promptitude qu'il déconcerta d'abord les prétendants. Le 19 septembre, un mandement fut expédié par courrier royal au sénéchal de Carcassonne pour lui ordonner de mettre en la main du roi « le comté de Toulouse, l'Agenais et tout l'héritage d'Alfonse et de sa femme * ».

On dit, à la vérité, que les bourgeois de Toulouse prièrent en Peyre, fils du roi d'Aragon, de se déclarer leur comte ^; mais Jayme I", père de ce prince, craignit un échec, et il

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