Arch. nat., J, 406, n
4. Mand. n"» 9, 10. Sur le « Saisimcntiim comitatus Tolose », V. livre III, ch.I.
'6. ZuiuTA, Anales de Aragon, I, f« 201 v». — Cf. de Touhtoulon, Jacme /", II, 476.
ô8 PHILIPPE III
ordonna aux siens de s'abstenir. Henri III, plus fort et mieux armé de textes à l'appui de ses réclamations, commença, il est vrai, à fatiguer la cour de France de ses ambassades et de ses exigences; l'héritage de la comtesse Jeanne devait servir, pendant plusieurs années, d'aliment à l'hostilité des deux peuples anglais et français, que le mariage d'Eléonore avait condamnés à un antagonisme perpétuel. Dès le 2o oc tobre 1271, Henri III envoya à Paris l'abbé de Westminster et Jean de la Lynde pour « demander et recevoir », en son nom, l'Agenais et la Saintonge '; le 28 janvier 1272, de nouveaux messagers furent expédiés de Londres " ; le roi d'Angleterre rappelait les stipulations de 1238; il insistait pour qu'on lui livrât sans retard l'Agenais et la Saintonge, et pour qu'on continuât l'enquête commencée sous Louis IX au sujet du Quercy, afin de savoir si certaines parties de cette province avaient été comprises jadis dans la dot de la comtesse Jeanne. De plus, il se plaignait (grief nouveau) que les agents du roi de France inquiétassent les officiers de son fils Edward au sujet de l'hommage de la cité de Limoges. Ainsi s'annonçaient déjà les deux grandes querelles qui devaient être débattues entre la France et l'Angleterre jusqu'à la fin du règne : d'une part, les Anglais réclament les terres que le traité de Paris leur avait cédées condilionnellement, la condition étant échue ; de l'autre , les Français cherchent à s'immiscer dans les alTaires des provinces formellement abandonnées par Louis IX en 1238. Tous les conflits anglofrançais, pendant la fin du xni'= siècle, résultèrent ainsi du traité de Paris comme des conséquences nécessaires.
Philippe III satisfit d'abord les plénipotentiaires du roi Henri de réponses dilatoires; et il résolut, en dépit des prétendants, de parcourir les nouveaux États que Dieu, comme dit G. de Puylaurcns, lui avait donnés pour y promener sa justice et sa majesté. Il quitta Paris au mois de janvier; le 30, il était à Poitiers. Il visitait les viUes du Poitou et de l'Aunis, Cognac, JNiort, Fontenay, la Rochelle, leur prodiguant les privilèges et les bienfaits propres à les attacher