‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 92 sur 447 · HELLEn, op. cit., p. 38, n · texte numérisé non relu

HELLEn, op. cit., p. 38, n

3. Art. 3 : « Dont. je 11 dis (;i Ph. le Hardi) outremer que ausis coin ses pères avait meus valu que 11 siens, devoit-il inlcu.x valoir de son père ».

Empereur, il pourrait « cueillir chevalerie de par tout le monde » (art. 9, 11). Du reste, s'il est Empereur, il aura meilleur marché de ses propres sujets (art. 10), et des autres princes de la chrétienté (art. 12), sans compter que ce sera « grand honneur à la chevalerie de France et grand profit peut-être que son seigneur soit par-dessus tous les seigneurs du monde » (art. 20), — Charles d'Anjou prévoit ici la plus g-rave des objections : « ce qui est facile à dire est difficile à faire » ; il y répond aussitôt : « Que le roi puisse justicier et avoir en paix l'Empire, cela est trop facile. Il a alliance ou lignage à six rois (Gastille, Aragon, Navarre, Angleterre, Sicile, Hongrie), si que il n'i a que faire alliance à un poi d'Alemans (et le roi a bien de quoi) et à l'Esglise qui tout li abandonne ». Il ne prend pas l'Empire pour recouvrer ses droits en Italie, car ce pays n'est pas son héritage, mais pour pouvoir assembler une plus forte chevalerie contre les ennemis de la foi (art. 13, 14).

Le mémoire de Charles d'Anjou était destiné à persuader Philippe III d'accepter l'Empire, s'il lui était offert, mais il faut croire que le roi de Sicile se préoccupait aussi, quoique nous n'en sachions rien, de le lui faire offrir. Le pape, pour des motifs cachés ^, s'était tenu sur la réserve. Quant au « peu d'Allemands » dont le mémoire parlait, avait-on seulement essayé de les gagner? C'est à peine s'il est permis de supposer qu'on agit sur l'un des électeurs, l'archevêque de Trêves, qui se trouvait à Orvieto en août 1272 et dont les affaires furent expédiées avec une promptitude inusitée *. Maître Henri d'Isernia écrit seulement, vers le milieu de septembre, que le « terrible roi de Sicile » est auprès du pape, à Santa-Croce, cherchant à retarder l'élection impériale (( par ses prières, de toutes ses forces, à prix d'argent ^ ». Il semble en effet que Charles d'Anjou, ignorant la constitution germanique ou la méprisant, ait consacré toute son activité h s'assurer le concours du pape comme s'il était

1. .M. Ilcllur explii|iu; la coiuluitc de Grégoire X par son respect de la tradition impériale, p. 42 et suiv.

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