Rayn., 1273, § 3o
2. Voy. Vaissfte, Hist. de Languedoc, IV, 528, » Époque cl circonstances de la cession que le roi Ph. le Hardi fit du comtat Venaissin à l'Église romaine ».
3. Rayn., 1273, § 51. La lettre de remerciement de Grégoire X est du 27 novembre.
4. Le texte de cette lettre n'a pas été conservé; mais M. Ropp [Wei-iier von Mainz., p. 72) eu a démontré l'existence. — Vov. Helleh, op. cit., p. 47, note 5.
5. Kopp, Gesch. der eidçj. Dunde, II, 3, 338. iJeilage V. — Cf. SS. lUl. 11., XI, 1106 (Ptolémée de Lucques). Cette note est du commencement du xiv» siècle; la voici : « Et nota diligcnler quod iste papa desiderabat faceret passagium et tune non crat inipcralor et cogitavit lacère imperatorem regeni Francie, unde maudavit electoribus quod infra mensem eligereul qucm vcllcnt, alias volcbat quod eleccio non valeret, credens (luod ipsi electores non possent con- «ordare infra mensem et tune cogitavit : « Ego eligam regem Francie », etc.
70 PHILIPPE m
il est certain que le parti français applaudit à son action. On ne pouvait pas penser, en effet, que les électeurs s'entendraient : ou bien ils n'éliraient personne et alors le pape désignerait Philippe III; ou bien ils éliraient à la fois deux princes et le pape serait leur juge comme il l'avait été entre Richard do Cornouailles et Alfonse de Castille pendant l'Interrègne. Ottokar de Bohême était lui-même candidat à la couronne impériale *; Saxe et Brandebourg- tenaient pour Siegfried d'Anhalt. L'archevêque de Trêves était peut-être gagné par les Angevins. Engelbert de Cologne et le palatin Ludwig se haïssaient depuis longtemps. L'union entre tous ces hommes paraissait irréalisable. Elle s'opéra pourtant tout d'un coup.
La lettre de Grégoire X fut connue sans doute en Allemagne au mois d'août; dès le l" septembre, Werner de Mayence et le Palatin eurent une entrevue. Grâce aux négociations qu'ils entamèrent, deux candidatures seulement se trouvèrent en présence, celle du prince d'Anhalt et celle de Rudolf de Habsbourg. Le 1'' octobre, à Francfort, Rudolf de Habs])0urg fut proclamé roi des Romains.
Le pape fut probablement fâché de cet événement; car, comme défenseur de la foi, il aurait préféré un roi comme Philippe III ou Ottokar à un seigneur tel que Rudolf; mais il n'éleva pomt de protestation. Il ne s'était jamais engagé envers la cour de France. Dans sa lettre à Alfonse de Castille comme dans ses réponses orales à Nicolas de Senlis, il s'était toujours refusé à anticiper sur la décision des électeurs légitimes; il s'était toujours posé en partisan de la légalité; il n'avait jamais manifesté que des sympathies vagues. Il acquiesça donc aisément au choix du collège électoral. — Quant à Philippe III, il se consola très vite; sa candidature lui avait été suggérée; il ne l'avait jamais poussée avec ardeur, soit par absence d'ambition, soit par prudence. Charles d'Anjou, le seul qui fût frappé dans de chères espérances, dut s'en prendre à l'insuffisance de sa politique, qui s'était épuisée à envelopper le pape d'un réseau d'intrigues au lieu d'agir
1. Voy. Hellkii, op. cit., p. 4!1, note 2. Lettre de Henri d'Isernia ù l'évèque d'()huiUz (d'aprèrt Dollincr) : « Si idem rex (Bohcmie) in apicem croctus fuerit. impeialoric dignitatis, sccundum quod credimus et eciani atfectamus. »