‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 96 sur 447 · Math, de Westm., p · texte numérisé non relu

Math, de Westm., p

Pendant qu'il était au château de Saint-Georges en Viennois, un seigneur du royaume d'Arles, G. de Tournon, qui avait pillé autrefois les bagages des Anglais qui allaient à la croisade ', vint implorer son pardon et l'obtint, grâce à l'intervention de la comtesse de Bourgogne et de l'archevêque de Vienne, à condition qu'il se déclarerait vassal de la couronne d'Angleterre pour toutes ses terres allodiales. A la descente des montagnes de Bourgogne, Edward rencontra une foule de comtes et d'abbés, venus d'Angleterre à sa rencontre ^ « Alors, dit Mathieu de Wesminster, les Français, qui ont toujours été vantards et susceptibles, voyant cette multitude d'Anglais, organisèrent un pas d'armes à Chalon en Bourgogne ; il y eut bataille, et les Anglais furent les plus forts, ils tuèrent même quelques hommes sans armes qui volaient les dépouilles des vaincus; mais comme c'étaient des gens vils, on ne s'en soucia pas. » Les croisés entrèrent ensuite en France; et Edward, au commencement du mois d'août, joignit Philippe III et sa cour à Melun \ Edward et Philippe étaient cousins, fils des deux sœurs Marguerite et Alienor, et, à ce titre, ils étaient obligés de se témoigner une affection de commande *. Il y eut donc de grandes fêtes à l'occasion de leur rencontre, et le roi d'Angleterre prêta solennellement hommage au roi de France; mais il le fit en termes ambigus. « Domine rex, dil-il, d'après l'annaliste de Westminster, faclo vobis liomagium pro omnibus terris, qiias debeo tenere de vobis. » N'était-ce pas rappeler ses droits à l'Agenais, au Quercy, et même à la Normandie et à l'iVnjou? Cela était très habile. « Sachez, écrivait alors un compagnon d'Edward à l'un de ses correspondants d'Angleterre, sachez que le roi a fort bien expédié ses affaires à la cour de France; après cela, il est parti pour la Gascogne ^. »

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