Voy. deux actes du 9 et du 10 août. Uymeh, p. i:i
4. « Idco se invitem spccialius dilexerunt » (M. de W., p. 354); le chroniqueur de Limoges n'est pas dupe de cette affection d'apparat : « Hic amor, dit-il, dici poterat amor cati et canis. " II. F., XXI, 776.
J). Ilec. ofj'., Royal Lelters, n» 2()3C. « Suo suus salutem... Sciatis quod rex rationabilitcr et bcne sua expedivit négocia in curia régis Fraucie; et die dominica proxima post fcstuni bcati Pétri ad vincula iter suum arripuit vcrsug
EDWARD l" EN GASCOGNE 73
Edward I" resta en Gascogne, son ancien apanage, pendant les derniers mois de 1273, et il n'y demeura pas oisif. Il entama des négociations pour marier sa fille aînée à l'infant d'Aragon, et son fils à la fille du roi de Navarre, héritière de ce royaume et du comté de Champagne. En octobre, le contrat fut signé avec le prince d'iVragon; en novembre, avec Henri de Navarre \ Alliances aussi dangereuses pour la sécurité de la France qu'utiles aux ducs d'Aquitaine! Le fils d'Edward, s'il avait vécu assez longtemps pour épouser Jeanne do Navarre, aurait possédé, outre l'Angleterre et la Gascogne, la Navarre, la Champagne et l'amitié du roi d'Aragon; l'accumulation de tant de couronnes sur une seule tète aurait peut-être changé pour toujours les destinées du Midi.
En outre, Edward I" s'occupa, dès son arrivée, à recevoir les hommages de ses vassaux gascons et à châtier leur turbulence ' ; mais tous ceux de ces vassaux qui subissaient avec peine l'administration sévère et appliquée des sénéchaux anglais, tous ceux dont les ennemis personnels étaient protégés par ces sénéchaux, formaient comme la clientèle spéciale du roi de France en Aquitaine. Forts de l'appui du suzerain supérieur, ils osaient parfois entrer en guerre ouverte avec leur duc; et, malgré la présence d'Edward, il y €ut en eft'et de véritables guerres en 1273 aux deux extrémités du duché. — Le gouvernement de Philippe III y joua un rôle assez considérable, qui n'est pas très connu, encore que les questions de Limousin et de Béarn aient tenu une grande place dans la politique du temps.
Le Limousin était alors une terre contestée entre la France et l'Aquitaine et déchirée par de très sanglantes discordes
Vasconiam. » — Cf. Chcmcery nmcell. Portf., VII, u" 1171. « Domiuiis rex fecit homagium siium domino régi Francie in forma qua patcr smis fccitpatri régi Francie, set in recessu prcsencium portitoris nondiim expedivit négocia sua cuni eodem rege ad plénum. Videtur tamen domino noslro et omnibus qui de ejus existunt consilio ([uod rex Francie ipsum iulendit bono modo et lideli expediro. » La première lettre fixe le départ d'Edward I'"' au G août; on voit cependant, dans les actes publiés par Rymer, qu'il était encore le 11 août auprès du roi de France.