‹ Le règne social du Cœur de JésusChapitre 15 sur 52 · NOTRE-DAME AUXILIATRICE · texte numérisé non relu

NOTRE-DAME AUXILIATRICE

erreurs, ils s’accordent parfaitement à combattre la vérité.

Et voilà qu’à l’heure présente, cette ligue antichrétienne a presque partout réussi à s’emparer du souverain pouvoir. Il n’est pas un seul gouvernement qui ose la combattre, et la plupart se sont mis à ses ordres. Pour exécuter son plan infernal, elle dispose de deux grandes forces auxquelles rien ne résiste : de la force des lois et de celle des canons. Notre civilisation matérielle a mis entre ses mains des moyens de persécution incomparablement plus efficaces que ceux dont disposaient les tyrannies antiques. Le droit moderne, en délivrant l’État de tout contrôle surhumain, livre à sa merci tous les droits, toutes les libertés, toutes les consciences. Et, pour se garantir contre cet épouvantable despotisme, pour se préserver de la tyrannie brutale et de la tyrannie légale, l’Église n’a sur la terre aucun appui, et elle ne peut en espérer aucun. Elle voit ses ennemis préparer les chaînes dont ils s’apprêtent à la garrotter, élever en l’air la croix sur laquelle ils se disposent à la clouer ; elle les entend comploter à haute voix sa mort, discuter le genre de martyre qui pourra les délivrer plus sûrement de sa royauté importune ; et c’est en vain qu’elle regarde de tous les côtés : aucun défenseur ne se lève pour la tirer des mains de ses persécuteurs ; à leur violence et à leurs menaces, ses enfants ne peuvent opposer que de stériles protestations.

Non, vraiment, la cause de Dieu ne s’est jamais vue en proie à un abandon aussi complet et à une agression aussi formidable. Et si l’heure des grands dangers de l’Église doit être, pour la Vierge Auxiliatrice, l’heure des grandes manifestations de son pou-

voir, nous pouvons, aujourd’hui, attendre d’ellé des prodiges plus éclatants que ceux par lesquels elle a récompensé la confiance de nos ancêtres.

Oui, nous le pouvons, mais c’est à la condition que notre confiance sera égale à la leur, et que, comme la leur, elle croîtra avec nos dangers. Privés des armes matérielles, nous avons encore le glaive de la prière, et il nous suffit pour vaincre, si nous savons le manier. Le Vicaire de Jésus* Christ n’a plus même, pour le défendre, la petite armée des braves de Lépante. Dieu a permis que l’héroïque bataillon, qui s’était donné cette mission glorieuse, fût écrasé sous les murs de la sainte maison de Lorette; et, au lieu d’une nouvelle victoire de Lépante, il leur a donné le triomphe du martyre.

C’est qu’il veut triompher par lui-même, tout en nous réservant dans ce triomphe la part la plus glorieuse qu’il puisse faire a ses serviteurs : le double mérite de lutter jusqu’au bout, sans aucune chance humaine de succès, et d’attendre le succès avec une confiance plus ferme que s’il nous était garanti par toutes les chances humaines. Ne nous privons pas de ce double mérite, qui est par lui-même le plus désirable de tous les succès. Poursuivie dans ces conditions, notre croisade ouvre le plus beau champ à la vaillance et à l’héroïsme ; car, lorsque tout semble présager la défaite, il ne faut pas moins de courage pour espérer que pour combattre, et pour surmonter le dégoût que pour vaincre la peur.

Cet héroïsme si glorieux et si méritoire, Dieu le demande et Marie l’attend de nous en ce moment. Nos besoins et les promesses divines , les motifs de prier et les motifs d’espérer conservent encore toute leur force; continuons donc à espérer, continuons à

NOTRE-DAME Al'XILIÀTRICE.

prier, continuons à propager la médaille à laquelle Marie a attaché une efficacité attestée par tant de miracles, continuons à réciter la prière qu’elle a ellemème révélée. Répétons-lui souvent ces paroles qu’elle nous met elle-même sur les lèvres : « O Marie, conçue sans péché, priez pour nous, qui avons recours à vous ! »

Comment pourrait-elle refuser de nous entendre?

Page 1