CHAPITRE YI
Les Écrivains i.
Le grand ennemi de Jésus-Christ, Lucifer, voyant approcher l’heure où le règne de ce divin Sauveur doit s’établir sur la terre, met en œuvre pour l’empêcher ses instruments les plus puissants, et appelle à son aide ses auxiliaires les plus dévoués. Ces auxiliaires dévoués de Satan, ces instruments choisis ^lu père du mensonge, nous les connaissons : ce sont les écrivains perfides qui se servent, pour propager l’erreur, des grands moyens donnés aux hommes pour se communiquer la vérité de la parole, de l’écriture, de la presse, de la poésie et de l’éloquence; qui, s’insinuant doucement dans les âmes en flattant leurs penchants les plus chers, s’appuient, pour les éloigner de Jésus-Christ, sur les tendances mêmes qui devraient les rapprocher de lui, qui prêchent un amour des hommes indépendant de l’amour de Dieu et un progrès social en opposition avec les maximes de l'Évangile.
Qui défendra la cause de Jésus-Christ contre ces dangereux agresseurs ? Qui déjouera leurs ruses et désabusera de leurs funestes erreurs les intelligences qu’ils ont séduites? Qui fera prévaloir dans les âmes, dans les familles, dans les sociétés, la charité vivifiante
1 Messager , t IV, p. 250.
du Cœur de Jésus sur cet égoïsme déguisé en amour, qui ne peut que donner la mort ?
Ce seront ceux qui saisiront, pour défendre la vérité, les armes mêmes dont on se sert pour la combattre ; ceux qui rendront à la parole, à l’écriture, à la presse, à la poésie et à l’éloquence leur divine destination, et qui, reprenant la mission que le premier ange et ses suppôts ont répudiée, seront de véritables Lucifers , c’est-à-dire des porte-lumières. Aux écrivains selon le Cœur de Jésus est réservée la gloire de déjouer les infernales machinations des écrivains selon le cœur de Satan.
Mais quels sont ces écrivains selon le Cœur de Jésus ? Tous les écrivains catholiques ne méritent-ils pas ce nom? — Oui, sans doute, tous le méritent dans une certaine mesure. Car le Cœur de Jésus aime la# vérité, et il aime, par conséquent, aussi, tous ceux qui enseignent et défendent la vérité. Mais, parmi ces dévoués serviteurs de la vérité catholique, il en est qui peuvent revendiquer à meilleur droit que les autres ce beau titre d’écrivains selon le Cœur de Jésus. Ce sont ceux qui s’attachent plus particulièrement à pénétrer dans l’intérieur de Jésus-Christ ; ceux qui comprennent mieux et font mieux comprendre à leurs frères qu’en Jésus- Christ seul est l’explication dernière de toutes les énigmes, et la complète satisfaction de tous les besoins qui tourmentent les âmes et les sociétés.
Voilà les écrivains auxquels est réservée une part plus belle dans l’établissement du règne du Cœur de Jésus. A eux est destinée la gloire de ramener à sa suprême unité, non seulement la doctrine chrétienne, mais encore la science humaine tout entière.
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Qu’est-ce, en effet, que la doctrine chrétienne? C’est l’ensemble des vérités que Dieu lui-même nous a révélées. C’est le recueil de toutes les confidences que l’éternelle Sagesse a faites aux hommes, depuis qu’elle a commencé à se communiquer à eux.
Dès l’origine, le Cœur de Dieu s’est penché vers sa créature, et il s’est plu à lui livrer ses secrets. Il a parlé à Adam encore innocent ; et il lui & parlé encore après sa chute. Combien de fois il s’est entretenu avec les Patriarches, et sous combien de formes il s’est montré aux Prophètes ! mais combien plus complètement encore il s’est manifesté aux hommes dans la personne de son Fils ! L’ancien Testament et le nouveau sont remplis de ces enseignements divins. C’est un océan de vérités, dont aucune intelligence créée ne peut sonder la profondeur et embrasser les limites. Comme le firmament qui s’étend au-dessus de nos tètes, peuplé de myriades d’étoiles, dont chacune est un monde, la doctrine chrétienne est une sphère immense, obscure et lumineuse tout à la fois, embrassant d’innombrables articles dont chacun renferme l’infini. Ne nous étonnons donc pas que tant de grands génies aient pu dix-huit siècles parcourir cette sphère, sans se croiser et sans jamais être obligés de revenir sur leurs pas. C’est un champ, où les plus intrépides travailleurs trouveront toujours à moissonner. C’est une mine, dont les richesses semblent s’accroître à mesure qu’on creuse plus profondément. C’est un soleil, bien plus brillant que
celui qui éclaire nos yeux, et auquel l’étendue de l’espace qu’il remplit de ses rayons ne lait rien perdre de sa clarté.
Cependant, il faut le reconnaître, dans ce magnifique ensemble de la doctrine chrétienne, tous les points ne sont pas également lumineux. Cette sphère a un centre, un foyer, d’où s’émanent tous les rayons qui vont en illuminer toutes les parties. Quel est-il ce loyer de la lumière révélée ; ce point central où aboutissent toutes les communications de la vérité divine, et d’où émanent tous les rayons célestes qui éclairent nos esprits? Quel est-il et que peut-il être, sinon Jésus-Christ, le Verbe incréé, la lumière du Père, l’image de sa substance, le type de toute créature ; Jésus-Christ, qui est par son humanité la première de toutes les œuvres du Tout-Puissant, la manifestation la plus complète de la beauté et de la vérité infinie, le principe et la fin de la création entière? Et, dans Jésus-Christ même, quel est le point central où doivent se placer tous ceux qui veulent comprendre cet Homme-DiEu ; quel est en lui le foyer où brûlent les plus vives ardeurs, et le mobile d’où naissent tous les mouvements? N’est- ce pas le Cœur de ce Sauveur adorable, ce Cœur qui est le principe de sa vie physique et l’organe de sa vie morale, ce Cœur dans lequel se concentrent toutes les lumières de son intelligence pour s’y transformer en flammes d’amour?
Mais s’il en est ainsi, comment douter que toute la doctrine chrétienne ne soit vraiment renfermée dans la science du Cœur de Jésus-Christ?
C’est donc à Jésus-Christ et à son Cœur que se rapportent tous les articles de cette doctrine. Quand les hérétiques ont successivement attaqué tous ces divers
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articles, c’est à Jésus-Christ lui-même que s’adressaient leurs attaques; et quand les saints Docteurs, pour repousser ces agressions, se sont attachés à mettre en lumière chacun de ces dogmes, c’est Jésus-Christ qu’ils défendaient, et qu’ils nous ont fait mieux connaître par chacun de leurs enseignements. Il suffit, en effet, d’ouvrir les livres que nous ont laissés les Pères de l’Église pour se convaincre qu’ils étaient pleins de Jésus-Christ, et qu’ils avaient puisé aux sources du Sauveur les flots de vérité et d’amour qui coulaient de leurs lèvres, avec tant d’abondance. Qui a mieux interprété que saint Jean Chrysostôme les paroles et les sentiments de l’Homme-DiEu? Qui a mieux montré que saint Augustin que l’ancien Testament tout entier se rapporte au Verbe incarné, et que c’est lui seul qui parle dans les Psaumes? Si ces saints Docteurs ne nous ont pas laissé de traité spécial et complet sur Jésus- Christ, c’est qu’il fallait avant tout préparer les matériaux de ce travail, et bien établir, par la réfutation des diverses hérésies, chacun des points de la doctrine chrétienne.
Mais, quand cette grande tâche a été accomplie, quand les aspects de l’Homme-DiEu ont été successive-, ment obscurcis par l’erreur, et mis en lumière par l’autorité des Docteurs et des Pontifes ; après que ce divin Sauveur s’est révélé à nous dans sa double nature et dans l’unité de sa personne ; dans sa miséricorde sans bornes, dans sa grâce gratuite, et dans sa présence réelle au Sacrement de son amour, le moment est venu de mieux saisir l’unité de tous les différents dogmes, et de pénétrer plus profondément dans le foyer même d'où émanent ces divers rayons.
Ce moment solennel aurait dû arriver déjà depuis des siècles. Il fut un temps, surtout, où l’intelligence humaine sembla bien près d’atteindre à cette unité qu’elle ne cesse de poursuivre. Ce fut le temps où saint Louis régnait sur la France, et où l'Université de Paris, rendez-vous des esprits d’élite, voyait briller dans ses chaires des Docteurs comme saint Thomas et saint Bonaventure. Alors Jésus-Christ était vraiment tout, dans la société chrétienne ; il régnait dans les esprits et dans les lois, dans les écoles et dans les tribunaux, et dans tous les ordres de choses se réalisait l’exergue que portaient les monnaies de cette époque : Christus régnât , Christus vincit , Christus imperat .
Mais.Jiélas! ce beau mouvement s’arrêta avant d’avoir atteint son terme. De lurieuses tempêtes tinrent bientôt assaillir l’Église; au schisme d’Occident succéda l’hérésie de Luther; et les défenseurs de la vérité révélée eurent, alors, assez à faire d’écarter les dangers qui menaçaient le sacré dépôt.
Cependant, même à cette heure néfaste, les champions de l’Église ne méconnurent pas la source où ils devaient aller puiser leurs forces. Sans s’arrêter aux spécieux prétextes mis en avant par les suppôts de Satan, pour colorer leur révolte, ils comprirent que le mobile premier de cette grande levée de boucliers de l’enfer était la haine de Jésus-Christ; aussi, ne cherchèrent-ils pas ailleurs que dans un amour dévoué pour ce divin Sauveur le point d’appui de leur résistance. Un livre fut composé, qui contribua plus que tous les
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livres de controverse à refouler le torrent de l’hérésie ; et ce livre n’a d’autre but que d’enseigner aux hommes l’art de connaître et d’imiter Jésus-Christ ; ce sont les Exercices de saint Ignace. Aucun ouvrage écrit par la main des hommes n’a plus servi que celui-là à ouvrir aux chrétiens l’entrée du Cœur de l’Homme-DiEU.
Mais la science dont ce livre précieux est la source était bien plus pratique que spéculative ; dans le siècle si agité où il fut écrit, il forma plus d’héroïques imitateurs du DiEu-Homme qu’il n’inspira d’écrivains occupés à le faire connaître.
Cent ans plus tard, la paix sembla renaître, quoique les résultats de ces terribles luttes ne fussent point encore effacés. Alors les intelligences, moins occupées par la nécessité de combattre l’erreur, reprirent leur mouvement vers le foyer divin de la vérité.
Mais voici que l’enfer, pour arrêter ce mouvement, suscita une hérésie nouvelle, plus perfide encore que les précédentes.
Le jansénisme vint éloigner les hommes des Sacrements, leur ravir l’espérance, leur faire considérer Dieu non plus comme un Père, mais comme un tyran ; tout en exaltant la dignité de Jésus-Christ, il s’efforça de lui arracher son Cœur. En même temps, la raison révoltée, reprenant les armés qui avaient été arrachées aux mains de l’hérésie, s’attaquait non seulement à l’autorité de l’Église, mais à l’autorité même de Jésus-Christ. Elle niait ouvertement sa divinité, réduisait à néant tous ses droits sur les âmes, et se disposait à lui ravir l’empire des sociétés.
Ce fut alors que ce divin Sauveur résolut de réaliser les promesses faites, depuis bien des siècles, à sainte Gertrude. La dévotion au sacré Cœur fut révélée à
l’Église, pour être sa consolation dans la lutte terrible qui se préparait, et pour devenir un jour le principe de son triomphe. En nous demandant un culte particulier pour ce Cœur adorable, le divin Sauveur n’avait sûrement pas seulement en vue de glorifier un organe de son corps. Ce qu’il voulait surtout c’est que son amour, dont le Cœur est le symbole, devint l’objet constant de nos pensées, la base de notre espérance, l’arme toutepuissante au moyen de laquelle nous pourrions vaincre le monde. Révélée aux âmes simples, afin d’être pour elles, comme pour la vénérable Marguerite-Marie, une source de sainteté* cette dévotion a été proposée aussi aux prédicateurs et aux savants, pour animer d’un esprit nouveau tous leurs discours, et éclairer d’une nouvelle lumière tous leurs enseignements. De grandes bénédictions furent promises à tous ceux qui consacreraient leur parole et leur plume à faire connaître et aimer le Cœur de Jésus.
Le moment semble en effet venu, pour les serviteurs de la vérité, d’aller puiser, dans le foyer même de toute lumière et de tout amour, les flammes qu’ils doivent répandre sur le monde.
Depuis que la dévotion au sacré Cœur a été révélée par le divin Maître, qu’est-il arrivé?
Les ennemis de ce Sauveur adorable ont redoublé de fureur. Pendant cinquante ans, ils ont mis en œuvre, pour le rendre odieux et méprisable, tout ce que l’enfer a pu leur fournir de sarcasmes impies et de haineux blasphèmes. Écrasons V infâme, tel a été leur mot d’ordre. Et en effet, au bout d’un demi-siècle d’efforts désespérés, ils sont parvenus à renverser les autels, à faire tomber par milliers les tètes des ministres de Jésus-Christ, à changer même le nom des jours et des
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mois, pour effacer son souvenir de la mémoire des hommes. Mais, en môme temps, on a vu la société chanceler, tous les droits méconnus, tous les intérêts menacés, et le monde entier obligé de reconnaître que « Celui dont on avait .essayé de détruire le culte était le fondement unique en dehors duquel la société ne peut trouver aucune stabilité. » Ainsi , par les attaques mêmes qu’ils avaient livrées à Jésus-Christ, ses ennemis se sont trouvés lui avoir rendu le plus glorieux témoignage.
Qu’ont-ils fait alors? Ils se sont ravisés. Ils ont renoncé à le rendre odieux et méprisable ; ils ont même affecté de le poursuivre de leurs insultantes louanges, afin de pouvoif réussir plus sûrement à le dépouiller de sa divinité. Telle est aujourd’hui leur tactique. On salue Jésus-Christ comme un grand homme ; on lui accorde de grandes lumières et de grandes vertus. Sauf certains moments de franchise, où la haine satanique se montre à travers ces grimaces de respect, on use à son égard d’un langage hypocritement obséquieux ; mais reconnaître à Jésus-Christ aucun droit sur l’intelligence, aucune autorité sur la volonté et les passions ; lui attribuer aucun empire sur les sociétés, c’est à quoi on est plus décidé que jamais à ne pas consentir. Sous ce rapport, l’hostilité contre l’Homme-DiEU est plus déterminée que jamais ; et, peut-être plus dissimulée dans ses formes, elle n'en est que plus intraitable dans ses prétentions.
Quel sera le résultat de cette nouvelle tactique? Dieu le sait ; mais déjà nous n’avons que trop de motifs pour croire qû’elle ne sera pas moins glorieuse à l’Homme- Dieu que funeste à ceux qui la mettent en œuvre. Quelle est l’autorité qui pourra subsister, lorsque l’on
sera parvenu à persuader aux peuples qu’ils ne sont pas tenus d’obéir au Fils du Très Haut ? Quels sont les droits qui seront respectés, lorsque les droits de Jésus- Christ seront ouvertement foulés aux pieds ? Et quels châtiments, d’ailleurs, Dieu le Père ne nous infligera-t-il pas, s’il nous voit nous obstiner dans notre révolte contre ce Fils bien-aimé, auquel il a donné pour héritage toutes les nations, mais surtout les nations chrétiennes?
Si nous voulons prévenir ces malheurs, qu’avons-nous à faire? User de tout ce que nous pouvons avoir d’influence pour défendre les droits de Jésus-Christ et rétablir son autorité. Oui, l’heure est venue de proclamer hautement ces droits, d’opposer une confession généreuse à toutes les apostasies qui s’étalent au grand jour, de dire et de redire aux hommes qu’il n'y a pas sous le ciel d'autre nom que celui de Jésus, par la vertu duquel ils puissent être sauvés.
C’est là en particulier la tâche des écrivains catholiques. Il ne s’agit plus maintenant pour eux de soutenir tel ou tel article de la doctrine chrétienne : c’est la personne même de Jésus-Christ qui est attaquée. Comme au plus fort d’une mêlée, si les soldats voient leur prince entouré par les ennemis, ils se précipitent et font pour le délivrer des efforts surhumains ; ainsi doivent faire, en ce moment, tous ceux qui n’ont pas oublié les vœux de leur baptême, et les serments qu’ils ont prêtés à leur adorable Chef.
Quant à ceux que Jésus-Christ n’appelle pas à le
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défendre sur ce terrain, qu’ils secondent de tout leur pouvoir les efforts de ses défenseurs. Qu’ils prient pour eux; qu’ils leur obtiennent les lumières, l’énergie, l’éloquence nécessaire pour bien remplir leur mission. Qu’ils travaillent à propager leurs ouvrages. Répandre les bons livres, c’est rendre à la vérité un service presque aussi grand que si on les écrivait soi-même. ,
Si tous les serviteurs de Jésus- Christ savent ainsi s’aider les uns les autres, leur triomphe est assuré. Ce qui fait la force de l’erreur, c’est surtout l’audace et l’activité de ses partisans. Si nous savions mettre au service de la vérité tous les moyens de propagande dont ils semblent avoir acquis le monopole, l’erreur ne saurait longtemps lui résister. Car si l’erreur a quelque puissance, la vérité est encore bien plus puissante ; si la haine se répand comme une contagion, l’amour se propage bien plus irrésistiblement encore. Apprenons à connaître et à aimer le sacré Cœur de Jésus, et il est impossible que nous ne le fassions pas connaître et aimer. Ce divin Sauveur n’est ni moins aimable, ni moins puissant, aujourd’hui, qu’il ne l’était quand les premiers apôtres lui soumirent la société païenne ; s’il fut capable de régénérer cette société si corrompue, il régénérera aussi la nôtre, pourvu que les apôtres ne lui manquent pas, pour illuminer de ses clartés tant d’intelligences qui ne le connaissent plus.
Puisse donc ce divin Cœur trouver beaucoup de cœurs disposés à s’éclairer de ses rayons et à les refléter sur leurs frères! 11 ne faut, pour remplir cette mission, ni un grand génie, ni une érudition bien profonde ; il suffit d’un peu d’amour. Le travail est fait ; le plan est tracé ; durant dix-neuf siècles, des milliers de docteurs et de saints ont ensemencé ce que nous som-
mes appelés à moissonner. Il suffit de recueillir le fruit de leurs enseignements. Il suffit de nous plaoer au point de vue du Cœur de Jésus, et de considérer de ce point de vue toutes les questions ; la solution se présentera d’elle-même. Le dogme, la morale, l’histoire, la politique elle-même, envisagés à la lumière du Cœur de Jésus, s’éclairent d’un feu tout nouveau. Les problèmes les plus épineux perdent leurs obscurités ; les discussions les plus irritantes se prêtent à une conciliation facile ; la vérité devient à la fois plus lumineuse et plus aimable, tandis que l’erreur, mise en présence de ce Cœur divin, apparaît dans toute son odieuse laideur.
Saluons donc avec bonheur ces écrivains vraiment chrétiens qui, dans tous les ordres des vérités, font profession, comme saint Paul, de ne savoir que Jésus- Christ. Grâces à Dieu, il en est plusieurs, non seulement dans les rangs du clergé, mais encore parmi les laïques. Depuis quelques années, leur nombre s’est bien accru. Puisse-t-il s’augmenter encore ! Puisse leur parole devenir chaque jour plus courageuse et plus ardente !