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CHAPITRE XI

Les âmes saintes *.

Voilà, à l’heure présente, le grand besoin de l’Église et du monde : des saints, de grands saints, des hommes puissants en œuvres et en paroles, semblables à ceux que Dieu suscita fréquemment, dans des périls moins redoutables que la crise actuelle. Eux seuls peuvent nous sauver ; eux seuls peuvent écarter les dangers épouvantables qui nous menacent, dissiper les ténèbres qui nous enveloppent, opérer dans le corps social désorganisé ce renouvellement sans lequel il ne saurait échapper à une complète dissolution.

La sainteté ne manque pas dans l’Église : c’est un flambeau qui ne s’éteint jamais dans le temple de Dieu; mais il est nécessaire qu’il brille aujourd’hui d’un plus vif éclat pour dissiper les ombres funestes dans lesquelles la société est ensevelie. Il faut que cette chaleur vivifiante rayonne plus puissamment au dehors, afin de réchauffer les âmes trop engourdies pour s’approcher de son foyer. Le Sauveur est au milieu de nous ; mais il est inconnu du plus grand nombre. Il faut qu’il vienne de nouveaux Jean-Baptiste, de nouveaux Élie, pour révéler sa présence, lui ouvrir

* Messager y t. XXÜI, p. 73 ; t. V, p. 345.

la voie des âmes, et préparer la restauration de son règne.

Tel lut le rôle des hommes extraordinaires que Dieu n'a jamais manqué d’envoyer à son Église, chaque lois qu’elle a semblé sur le point de succomber aux attaques de ses ennemis. Ces libérateurs d’Israël n’avaient en partage ni l’influence que donne la richesse,* ni l’autorité du rang, ni la puissance du glaive. Comme le jeune David, ils n’avaient pour armure qu’une Ironde, et ils marchaient uniquement appuyés sur le nom du Seigneur. Ils ont pourtant renversé les géants, dissipé les armées ennemies et sauvé le peuple de Dieu.

Qui a soutenu l’Église durant la période des persécutions, alors que l’empire romain réunissait toutes ses lorces pour l’écraser? Qui, sinon les saints martyrs ?

Bientôt les Césars, en taisant monter avec eux le christianisme sur le trône, exposeront ses pasteurs et ses fidèles à la double séduction de l’hérésie et de la mollesse. On verra d’astucieux sophistes, des princes corrompus et des évêques courtisans, s’efforcer de corrompre la pureté de la doctrine par leur enseignement, comme ils violent par leur conduite la sainteté de la morale. Quelles âmes Dieu emploiera-t-il alors pour délivrer son Église de cette nouvelle persécution, plus dangereuse que celle du glaive? La mortification des saints solitaires et la science des saints docteurs. Les jeûnes et les macérations des premiers, les prédications et les écrits des seconds, soutenus également

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par l’irrésistible ascendant d’une vie toute divine, confondront les sophismes des hérétiques, la licence des courtisans et l’orgueil des princes.

'Cependant l’empire romain, corrompu jusqu’à la moelle, est condamné à mort, et ce sont les barbares qui doivent exécuter la sentence. Ils viennent, ils se précipitent comme un torrent sur l’empire romain, renversant tout sur leur passage, et ne laissant derrière eux que des ruines. Qui réunira ces débris épars, pour en former un édifice plus magnifique ; qui rendra la fécondité à ce sol en friche, où ne croissent plus que les épines ; qui fera sortir de ce chaos de la barbarie une création nouvelle? Encore les saints : les saints moines, les saints évêques, les saints papes. Pour le nier, il faudrait donner un démenti à l’histoire : c’est la sainteté qui a créé le monde moderne.

Mais voilà qu’à la fin du douzième siècle, le flambeau de la sainteté ne répand plus le même éclat, et de nouveau les ténèbres envahissent le monde. Une nouvelle invasion des hommes du Nord détruit les monuments de la civilisation chrétienne à peine naissante ; les richesses données à l’Église pour accroître sa puissance deviennent de lourdes chaînes qui lui ôtent sa liberté ; les pasteurs des âmes prennent les mœurs du siècle, en même temps que les puissances du siècle envahissent le sanctuaire. Le sel de la terre s’affadit, le clergé se laisse gagner par la triple contagion de l’ignorance, de la cupidité et du relâchement ; d’affreuses hérésies naissent de cette corruption, comme les vers naissent de la pourriture du tombeau.

L’Église va donc périr !

Non : encore une fois les saints viendront la régénérer. François d’Assise d’un côté, de l’autfe, Domini-

que, lèvent d’un commun accord l’étendard de la sainteté. A la corruption ils opposent la mortification évangélique ; à la vénalité, la pauvreté la plus rigoureuse ; la science et la prédication à la science et à l’hérésie. Autour d’eux viennent se ranger deux légions de saints devant lesquels l’armée infernale reculera épouvantée ; et grâce à eux, le treizième siècle, qui avait commencé au sein d’une affreuse nuit, brillera de toutes les splendeurs de la civilisation chrétienne.

L’Église n’est pourtant pas arrivée au terme de ses luttes, et, dès le siècle suivant elle se voit en proie à l’une des plus cruelles épreuves auxquelles elle ait jamais été soumise. Ce n’est plus du dehors que lui viennent les attaques ; c’est dans son sein que s’est produit le mal le plus mortel dont puisse être atteinte une société dont l’unité est la condition vitale, nous voulons dire la division et le schisme. Le royaume de Dieu est scindé en depx parts, et les fidèles, scandalisés par cette division, ne savent lequel des deux pontifes rivaux ils doivent reconnaître pour le représentant de Jésus-Christ.

Tandis que les docteurs disputent entre eux, tandis que les princes mettent en œuvre tout leur pouvoir et toute leur politique, pour remédier aux maux de l’Église, ou pour les exploiter au profit de leur ambition, voici que du fond de l’Espagne se lève un homme dont bientôt le nom retentit jusqu’aux derniers confins de la chrétienté. Vincent Ferrier parle, et tel est l’ac-

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cent de sa voix que nul ne peut y méconnaître la parole de Jésus-Christ. Devant lui toutes les divisions s’effacent ; ceux qui obéissent à un autre Pape ne sont pas moins dociles à ses exhortations que les membres de son obédience ; la sainteté qui brille dans toute sa personne prélude à la reconstitution de l’unité, en attendant que cette œuvre puisse être consommée par l’influence de son zèle. Et en même temps, pour l’aider dans l’accomplissement de cette mission, Dieu suscite deux femmes qui, par l’éclat de leurs miracles et par la flamme de leur esprit apostolique, acquièrent une autorité égale à la sienne.

Au Nord, l’incomparable fille de saint François, la grande thaumaturge française, sainte Colette de Corbie ; au Midi, l’intrépide fille de saint Dominique, celle que Rome proclamera plus tard sa patronne, sainte Catherine de Sienne. Tandis qu’en Franche-Comté, Colette guérit les malades et ressuscite les morts, Vincent Ferrier reçoit de Dieu, en Espagne, l’ordre de venir se concerter avec elle, pour mettre un terme aux maux de la chrétienté. Il se met en marche, entraînant à sa suite les populations attirées par le bruit de ses œuvres et converties par l’efficacité de sa parole. Et l’Église, dont les puissances de la terre n’avaient pu soulager les cruelles angoisses, reçoit de ces deux humbles religieux la garantie de sa prochaine délivrance.

Elle est délivrée, en effet, elle goûte de nouveau la joie de voir tous ses enfants rassemblés dans la douce unité de son sein maternel ; mais l’enfer va faire bientôt, pour briser cette unité, le plus violent effort que sa haine lui ait jamais inspiré. Luther en Allemagne, Calvin en France, Zwingle en Suisse, Henri VIII en Angleterre, rivalisent de fureur pour déchirer la tunique sans

couture du Christ ; ils arrachent à l’Église le tiers de son empire, et entraînent par raillions les âmes dans le gouffre de l’hérésie. L'impulsion parait irrésistible ; les élus eux- mêmes semblent sur le point de céder à la séduction ; les peuples qui ne sont pas en pleine révolte sont fortement ébranlés, et le danger devient si pressant que la frayeur arrache à un grand cardinal cette désolante parole :

« C’en est fait de la catholicité ! »

Oui, c’en était fait d’elle si Dieu n’eût pas été là, et avec lui les saints. Mais voici, en Espagne, Ignace de Loyola, François-Xavier, François de Borgia ; voici l’admirable réformatrice du Carmel, sainte Thérèse et son illustre associé, saint Jean de la Croix ; voici les héros de la pénitence et de la charité, saint Pierre d’Alcantara et saint Jean de Dieu ; voici, en Italie, saint Philippe de Néri, saint Camille de Lellis, saint Charles Borromée ; voici, en Allemagne et en France, le bienheureux Pierre Canisius et le bienheureux Pierre Lefèvre, et à leur suite, de nombreux imitateurs de leur sainteté, de magnanimes rivaux de leur zèle. Unissant ensemble leurs prières, leurs larmes, leurs sacrifices, leurs prédications et leurs travaux, ils arrêtent les progrès de l’hérésie, la contraignent de reculer, soustraient pour jamais à la séduction les âmes qui semblaient près de succomber, ramènent un grand nombre de celles qui s’étaient déjà laissé entraîner et opèrent dans la chrétienté la vraie réforme, dont le protestantisme n’avait été que l’infernale contrefaçon.

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La crise présente n’est que le renouvellement, avec des caractères beaucoup plus graves, de la crise que nous venons de rappeler. Ce n’est plus aujourd’hui le tiers de l’Europe, c’est la chrétienté tout entière qui est envahie par la contagion ; ce ne sont plus quelques vérités partielles, c’est la racine même de la foi que l’hérésie moderne tend à détruire. La rébellion ne se contente plus d’attaquer l’autorité du Pape et de l’Église ; c’est Jésus-Christ, c’est Dieu son Père qu’elle prétend renverser de leur trône éternel. Le mal a gagné jusqu’aux organes les plus vitaux de la société, et menace de la réduire prochainement à un état de complète putréfaction. Nous aussi, nous aurions lieu de craindre pour l’avenir du christianisme, si Dieu n’était là encore, et s’il n’était pas en état de nous envoyer encore des saints.

Or, quelle gloire les serviteurs dévoués du sacré Cœur de Jésus ne lui procureraient-ils pas si tous se faisaient une juste idée de ses projets, et s’ils mettaient à son service tout ce qu’ils ont de facultés, pour devenir des saints ! Leur nombre est bien petit, comparé au nombre des autres hommes; ils occupent, pour la plupart, des positions bien humbles, et leur influence s’exerce dans une sphère bien restreinte. Mais seraient-ils encore plus faibles et encore moins nombreux, ils acquerront une puissance immense dès qu’ils se livreront sans résistance et sans réserve à l’impulsion du Cœur de Jésus.

Qu’y a-t-il de plus faible que l’air?

Et pourtant cet air, si faible par lui-même, dès qu’il subit une impulsion violente, devient capable de déraciner les chênes les plus vigoureux, et de pousser vers le port les plus pesants navires. Et qu’est-ce que la force qui fait souffler les vents, comparée à la force du divin amour, que le Cœur de Jésus communique à tous ceux qui se soumettent à son influence? N’est-ce pas là la force des forces, celle qui fait mouvoir les mondes? Le Cœur de Jésus, centre de cette force, n’est-il pas le moteur suprême de la création, l’exécuteur souverain des desseins de la Providence, le dépositaire de la toute-puissance de Dieu? Mais, s’il en est ainsi, tous ceux qui s’uniront à lui et qui se livreront à lui sans réserve, tous ceux qui ne mettront aucun obstacle à l’accomplissement de ses desseins et qui coopéreront de toutes leurs forces à son action, ne peuvent manquer de participer à sa toute-puissance; et, quelle que soit leur obscurité, ils ne peuvent manquer d’exercer autour d’eux une influence irrésistible.

L’amour divin, dont le Cœur de Jésus est le foyer, est la plus ardente de toutes les flammes; tous ceux qui s’en laisseront embraser deviendront par là même capables d’en embraser les autres. On ne pourra s’approcher d’eux sans ressentir leur chaleur.

C’est en eux que se réalisera la parabole évangélique. Ils seront comme un ferment plein de vie au milieu de cette masse molle et inerte qu’on nomme le monde. Si le levain est énergique, il sufllt d’une poignée pour faire fermenter plusieurs mesures de farine. Ainsi les âmes pleines de la charité du Cœur de Jésus produiront autour d’elles une fermentation qui se répandra de proche en proche, jusqu’à ce que la masse entière soit transformée.

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Comment donc se fait-il que ces heuretix effets ne soient pas encore produits partout où le Cœur de Jésus compte des adorateurs? Ah! il faut bien l’avouer, c’est que tous ceux qui font profession de l’honorer ne comprennent pas également ses désirs; c’est surtout qu’ils ne travaillent pas tous avec une générosité égale à devenir des saints.

Quelquefois on fait consister la dévotion au sacré Cœur dans quelques pratiques extérieures, qui n’en sont que l’écorce. Exposer des images de ce divin Cœur, les entourer de fleurs et de lumières, réciter des prières et chanter des cantiques en son honneur, ce sont là sans doute des pratiques excellentes; mais ces pratiques n’atteindraient pas leur but, si elles ne nous portaient à nous rendre plus semblables au Cœur de Jésus, à nous approprier ses sentiments, ses désirs, ses vertus, surtout son renoncement et sa charité. Se flatter de servir le Cœur de Jésus en se recherchant soi-même ce serait se faire une étrange illusion ; ce serait aussi se mettre hors d’état de recevoir les heureuses influences de ce divin Cœur.

Une autre cause de notre faiblesse, c’est que peutêtre nous ne songeons pas assez à consulter le Cœur de Jésus, pour savoir en quoi nous pouvons servir ses intérêts. On croit faire beaucoup que de se proposer les désirs de ce divin Cœur pour règle de sa conduite intérieure, et on ne songe pas que ces désirs devraient être également la règle de notre conduite extérieure. Sous le spécieux prétexte qu’il ne faut pas faire parade de sa piété, on la cache si bien dans le secret de son cœur, qu’elle ne parait en aucune manière dans les rapports avec le prochain. On veut bien être pieux pour son propre compte, mais, dans les relations du monde, on ne

suit guère d’autres règles que les convenances du monde. Ce partage n’est vraiment pas raisonnable, et il ne peut qu’être nuisible. Les désirs du Cœur de Jésus sont tous également justes, également sages, également aimables, et nous avons les memes motifs de les prendre pour règle de notre conduite. Quand nous agissons d’après ces désirs, nous sommes assurés d'avoir Dieu pour coopérateur. Cela ne vaut-il pas bien mieux que de nous appuyer que sur notre sagesse si courte, et sur notre force si bornée?

Enfin notre faiblesse tient à notre isolement. L’homme ne peut rien quand il est seul ; la société lui est nécessaire pour la conservation de sa vie physique et pour le développement de ses forces morales ; elle n’est pas moins nécessaire pour la réalisation des saintes aspirations que l’Esprit de Jésus-Christ lui fait éprouver. Combien de fois il arrive que ces aspirations demeurent stériles parce qu’elles ne trouvent point d’écho! Combien il est dans le monde de ces âmes qui souffrent les angoisses d'un douloureux isolement au milieu même des populations les plus chrétiennes ! C'est que le Cœur de Jésus leur fait éprouver le besoin de se dévouer à lui sans réserve et que, pour exercer avec constance et avec fruit ce dévouement, il faudrait qu’elles trouvassent autour d’elles des âmes animées des mêmes dispositions. Ces âmes existent, mais elles ont souvent de la peine à se reconnaître et à se rencontrer. Isolées, elles se consument en vains désirs ; unies, elles seraient toutes-puissantes.

Nous venons d’indiquer, avec les causes de nos faiblesses, les conditions principales d’où dépend notre force. Ces conditions, nous pouvons les réduire à une seule : La sainteté par l’union au Cœur de Jésus. Voilà

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ce que nous devons demander incessamment, non seulement pour nous-même, mais encore pour tous ceux qui servent avec nous ce divin Cœur.

Demandons pour eux et pour nous la grâce de nous dépouiller dé nous-mêmes, de nous défaire de plus en plus de ce malheureux égoïsme qui nous accompagne quelquefois jusque dans les œuvres les plus saintes, et qui met entre le Cœur de Jésus et notre cœur un obstacle infranchissable.

Demandons aussi la grâce de n’agir plus que sous l’influence de ce divin Cœur ; de ne plus nous laisser guider ni par nos préjugés ni par nos passions, ni par nos intérêts, ni même uniquement par notre raison, mais de consulter en toutes choses les désirs du Cœur de Jésus et d’en faire la règle unique de nos sentiments, de nos paroles, de toutes nos actions.

Demandons enfin, comme fruit des deux grâces précédentes, la grâce de nous unir intimement dans le Cœur de Jésus, avec tous ceux qui lui sont entièrement dévoués. Supplions ce bon Maître de réaliser en nous le vœu qu’il exprimait à Dieu son Père, la veille de sa mort, que nous soyons tous en lui, comme il est un avec son Père.

Conjurons-le de susciter dans toutes les contrées du monde et dans toutes les classes de la société, des âmes saintes résolues à sacrifier, quoi qu’il en coûte, tout ce qui pourrait les désunir, et à former entre elles une grande ligue dont la charité du Cœur de Jésus sera le lien et dont le but sera l’établissement de son règne.

Seigneur, donnez -nous des saints. Voyez votre moisson qui se dessèche, et que votre ennemi s’apprête à détruire; envoyez des ouvriers pour la recueillir. Votre héritage est envahi, la ville sainte est profanée,

votre Vicaire est captif, vos ministres persécutés, votre vérité obscurcie, vos lois foulées aux pieds. L’iniquité triomphe, la foi gémit, les faibles se scandalisent, vos serviteurs les plus fidèles sont tentés de se laisser aller au découragement. Qu’attendez-vous, Seigneur? Ne voyez-vous pas que si vous tardez encore, nous allons périr? Envoyez donc ceux que vous devez envoyer : que la terre ouvre ses entrailles et enfante des saints ; que les cieux répandent sur eux l’abondance de leur rosée.

Ce sont tous nos ennemis d’autrefois qui se liguent, pour nous livrer ensemble un suprême assaut ; réunissez donc, pour nous sauver, toutes les forces que vous avez mises, dans les siècles passés, à la disposition de votre Église. Il nous faut des apôtres, pour réveiller, par leur voix puissante, les populations endormies ; il nous faut des docteurs, pour réfuter les sophismes de l’incrédulité; il nous faut des thaumaturges, pour ranimer le sens du surnaturel, que le matérialisme a éteint; il nous faut des pénitents, pour expier les excès du sensualisme ; il nous faudra peut-être des martyrs pour émousser le tranchant du glaive qu’aiguisent les bourreaux dans les antres où ils conspirent contre la sainte cité.

Seigneur Jésus, ne refusez pas à votre épouse bienaimée cet indispensable secours. Souvenez-vous des promesses que vous lui avez faites et du sang que vous avez versé pour elle. Levez-vous, 8eigneur, étendez votre bras et sauvez-nous !

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